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Borys, journaliste de la Twitter génération, piégé par Sputnik

On trouve de tout sur internet, c’est bien connu.  La dernière découverte en date est en fait un Tweet, commis par un jeune canadien se présentant comme journaliste indépendant et itinérant, ayant couvert récemment le conflit ukrainien, après avoir fait ses classes à Toronto.  C’est un garçon pressé, semble-t-il, qui annonce qu’il peut se rendre en très peu de temps sur une zone de conflit pour en revenir avec des articles ou des reportages pris sur le vif.  La génération de l’instant.  Celle du manque de recul.  Il possède  différentes casquettes, l’une d’entre elles étant celle de BellingCat (hélas pour eux comme on va le voir).  Cette fois-ci, il n’a pas eu à sortir de son pays pour répandre une bourde phénoménale, aussitôt reprise par les médias Pro-Poutine.  Celle d’avions américains que l’on maquillerait en avions russes, pour commettre des  opérations de type « false flags ».  Récit d’une terrible bévue journalistique.

Un reportage plus que léger

C’est l’inévitable Sputnik News, la remplaçante  RIA Novosti, de Dmitri Konstantinovich Kisselev, qui s’est jetée sur l’occasion.  Kisselev a vite vu en effet ce que pouvait lui apporter la bourde commise par  le journaliste canadien auto-proclamé Christian Borys, qui sillonne le monde depuis quelque temps et écrit un peu partout, pour VICE, The Guardian, RFERL, The Daily Beast, ouMaclean’s Mag (un hebdo canadien appelé aussi l’Actualité en français), entre autres.  Un jeune journaliste « freelance », auteur d’article tels que celui-ci, sur la construction d’un drone en Ukraine, le projet Dmytrasevych, un engin appelé un peu pompeusement « People’Drone PD1″, réputé « imbrouillable » par les russes, qui disposent pourtant de stations plus qu’efficaces, comme on le sait, un appareil construit de plus en « crowdfunding« , selon lui !!! drone-borysSur Vice, il a réalisé un reportage vidéo sur cette façon de récupérer des pièces diverses ou des produits de loisirs pour en faire des surveillants de champs de bataille. Il y montre une propension douteuse à se mettre lui-même en scène, qui n’augure rien de bon.  La réputation du drone ne tient que par la parole de ses constructeurs, et son efficacité, peut paraître bien aléatoire.  « Il ne peut pas être brouillé car il est complètement crypté« , clame son inventeur, avec beaucoup d’assurance.  Mieux encore, car  toujours selon le même; s’il perd le lien avec son propriétaire, « il est réglé pour rentrer tout seul au bercail grâce à son « Inertial Navigation System« .  L’engin ressemble beaucoup en fait à un AAI RQ-7 Shadow, de taille plus réduite, un engin qui a volé pour la première fois en… 1991.  Un autre, à 6 hélices est également montré, capable également de.. bombarder, selon ses concepteurs (mais la démonstration n’est pas faite).  Une « étude encore en développement« , paraît-il (sur ce point les drones piégés de Daesh semblent bien plus dangereux).  Le reportage se terminait sur une charge contre Poutine, effectuée par un officiel ukrainien sur les « 14 violations du cessez-le-feu de la région ».

Un autre drone

droneTout cela paraît bien léger, à vrai dire, comme reportage.  Et Borys de se coller un casque sur la tête et un gilet pare-balles alors que le test montré l’est manifestement dans une zone hors de danger un petit « coup de pouce » à sa crédibilité, qui sombre en fait dans l’anecdotique (2) ; d’autres drones issus du marché domestique ont servi à autre chose, comme ici, avec une découverte plutôt sidérante faite il y a deux ans.  Boris en faisait-il déjà un peu trop ?  C’est la question légitime qui vient à l’esprit, au regard de la vidéo. Quelque temps auparavant, le même Borys avait pourtant évoqué usage par les troupes russes d’un drone… acheté aux israéliens, un modèle Searcher II, d’IAI, développement du Scout et du Pioneer.  L’affaire avait été révélée par le site BellingCat.  J’ai évoqué ici-même en juin 2015 sa découverte.  L’achat avait été relaté en 2009 par… Sputnik news, qui aurait mieux eu fait de ne pas en parler à l’époque !  L’aide de rappeler que Poutine se fournissait en Israël avait dû être diversement apprécié à Moscou, qui ne cessait de charger le pays de tous les maux de la Terre comme on le sait.  Boris s’était-il fait ce jour-là un ennemi dont on connaît le désir irrépressible de vengeance ? On est pas loin de le croire à lire ce qui va suivre…

Bien tendre sur Radio Free Europe

Le même Boris, on le trouve aussi sur RadioFree Europe (et là aussi, et là également, sa mère étant fleuriste).  Et notamment sur un reportage sur le surprenant appel à Mikheil Saakachvili fait par Petro Poroshenko : l’association surprise de deux magouilleurs connus, à l’évidence.  Il y citait aussi le rôle trouble de Yulia Marushevska, une ancienne  étudiante en littérature et histoire, qui avait connu son heure de gloire lors des troubles Maidan, et qui avait depuis rejoint l’équipe de Saakachvili « pour lutter contre la corruption », Saakachvili étant lui-même présenté comme « le visage émoussé de la réforme et de la lutte contre la corruption » Marushevska, « la YouTubeuse » devenue coqueluche des médias occidentaux, nommée responsable des douanes du port, salarié 150 euros seulement, on croyait rêver !  Les deux étant appelés par Poroshenko pour juguler l’importante corruption régnant à Odessa. %d0%bc%d0%b0%d1%80%d1%83%d1%88%d0%b5%d0%b2L’idée de base expliquée par Borys étant de surveiller le port non plus par des hommes mais par… des ordinateurs. « Natalia Sherpa (nota : elle est âgée de 26 ans seulement) et Lyuba Shipvich sont deux membres de l’équipe pour exécuter le plan de numérisation. Les deux ont quitté leur travail aux États-Unis – Shyrpa en tant que gestionnaire de projet numérique et Shipvich comme ingénieur logiciel – pour faire du bénévolat à Odessa. Ils affirment qu’ils sont venus à Odessa inspirés par le message de Saakachvili comme quoi les systèmes corrompus peuvent être modifiés ». «Nous mettons en place un site communautaire où les citoyens peuvent exprimer des plaintes concernant la corruption spécifiquement à Yulia [Marushevska], » dit Shipvich. «Nous avons également numérisé le paquet des réformes d’Odessa afin qu’il montre toutes les contrats inclus dans la proposition. Il est construit de telle sorte que les avocats peuvent donner leurs avis juridiques sur les projets de loi proposés, et les citoyens peuvent alors suggérer des changements sur les contrats. » Etrange façon de lutter contre la corruption (qui prête à tous les soupçons, y compris d’espionnage) ! Et étrange conclusion, en forme d’avertissement bien (trop ?) policé : « Les sondages nationaux d’opinion ont indiqué à plusieurs reprises que Saakachvili est le politicien le plus populaire en Ukraine – ce qui est remarquable pour quelqu’un qui n’a pas eu la citoyenneté accordée, avant le début de cette année, par décret présidentiel (…) L’attrait d’un étranger peut bien jouer pendant un certain temps dans toute l’arène politique, mais un gouverneur franc-tireur essayant de tirer sur la poignée familière d’un système corrompu dans Odessa pourrait être sur le point de tester ses propres limites« .  Celle, quelque temps plus tard de songer surtout à devenir premier ministre tant qu’à faire ?  Voilà Christian Borys, après avoir attaqué Poutine, venu faire l’apologie de l’intrusion US en Ukraine, sur la radio de propagande US la plus connue au monde !!! L’homme qui ne met que 5 heures pour rejoindre l’Ukraine à partir de Montréal se serait-il fait avoir cette fois-ci par les russes eux-mêmes avec son dernier Tweet ?

Une légéreté qui nuit aujourd’hui à BellingCat

osaCar il n’écrit pas que sur le site de propagande américain : on le trouve aussi, chez… BellingCat.  Un média réputé indépendant, créé comme on le sait au départ par un chômeur anglais appelé sur le net Brown Moses, qui par simple curiosité est devenu un spécialiste de l’étude des images sur le net en Syrie, notamment. Il y avait décrit les attaques chimiques du régime d’Hassad, comme la livraison de roquettes de « manpads croates » (des M79 Osa) fournis par les USA aux insurgés, une histoire gênante pour les USA, qui avait été reprise par le New-York Times et The Guardian.  Chez BellingCat, l’imposante enquête sur le tir de missile sur l’avion de ligne de la Malaysian du vol MH17 avait été très, très, perturbante pour les fans de Poutine.  Car le site était arrivé à la même conclusion que celle de l’enquête hollandaise du Joint Investigation Team (JIT), deux ans plus tard.  Celle d’un tir effectif de missile Buk effectué par des séparatistes ukrainiens… armés par Moscou.  La traque des photos de BellingCat avait été exemplaire, pour retrouver le parcours de l’engin promené sur les routes par un semi-remorque civil.  Deux ans de recherches pour accuser formellement les amis de Poutine d’être les responsables du massacre. mh-17-enquete Unrapport accablant pour la Russie, qui à partir de là pouvait en vouloir… aux enquêteurs hollandais… comme à BellingCat, qui a fait à vrai dire l’essentiel du travail (notez ici que quand Sputnik news présente les résultats de l’enquête, il utilise le « mauvais » côté de l’avant de l’avion (le droit), qui a reçu la charge de grenaille du Buk du coté gauche du cockpit, ce qu’on distingue très bien sur le cliché ci-contre). On ne se refait pas, pour désinformer chez Poutine (chez ces supporters « humanistes » aussi) ! Aussi n’est-ce pas vraiment de voir hier Sputnik News se féliciter d’un Tweet de notre ami Borys… tant ce dernier s’est montré ridicule, dernièrement.  Faire du journalisme nécessite aussi un savoir (et une formation, qu’il ne semble pas avoir reçue, ou alors il n’en a rien retenu !), et là, pour l’occasion, notre jeune prétendant s’est montré bien démuni en la matière… et bien impétueux.

Le tweet ridicule qui tend la perche à Poutine

C’est donc Sputnik news qui a sauté sur l’occasion de s’attaquer indirectement à BellingCat en reprenant à la volée un post non vérifié et inconséquent de Borys, journaliste trop pressé. Ce Tweet, posté le 8 octobre, le voici :

twitt-borys

escadron-su-34Le Tweet, maladroit, pour le moins,  aux yeux des connaisseurs de l’aviation (il est repris ici tel quelpar un italien), aaussitôt été repris par Sputnik News pour qui il représente en fait une véritable aubaine : « un déguisement à grande échelle est en train d’être mis en place au sein des troupes aériennes des États-Unis: ils changent la panoplie de couleurs de leurs chasseurs F-18 en celles que portent les appareils russes Su-34. Dorénavant, seuls les spécialistes pourront distinguer les aéronefs américains des russes… » écrit en effet le site deux jours plus tard, signe qu’il a fait vite en besogne pour le récupérer et se l’approprier… et ruiner ainsi le Tweet fort mal formulé de notre bien léger Borys !!! Selon le contenu defullback2s deux, en effet, sur le net, les américains auraient donc peints sciemment leurs appareils pour les faire davantage ressembler à des avions russes.  En fait, le dernier cri chez les Agressors en matière de camouflage est celui copié sur le T-50 ou le Su-27, dit« Splinter » (chez lesFighting Omars« , repeints ainsi dès 2012, alors que les T-50 avaient reçu la même… en avril 2010).  En somme, il a fallu deux ans pour que les américains copient le nouveau schéma de camouflage russe ! Or ce même T-50 en a changé en novembre 2013, pour la fameuse couleur « aubergine » : voir ici et les deux types). Le Su-34 n’avait jusqu’ici pas été aperçu en dehors de la Russie. Le gros avvfc-12-hornetsion n’a pas été produit en masse depuis son apparition en 1990 (appelé alorsSu-27IB/KU (Istrebitel Bombard- Irovshchik;chasseur-bombardier), à train principal simple. En 1996, trois exemplaires seulement avaient été terminés. Il n’a été mis en service que 14 ans après le premier vol, le 20 mars 2014. Difficile d’estimer combien il y en a exactement aujourd’hui en service : sur la photo ci-dessus en date de février 2013,  10 exemplaires formant la première escadrille semblent être au complet: cinq en ancienne livrée bicolore, cinq unis.  Les ateliers de Sukkhoi en fabriquent 3 par an seulement.  En somme, il y en a moins de 30 exemplaires aujourd’hui, ou à peu près : une seconde escadrille a été annoncée comme complétée en 2014.  f-18-russianL’un d’entre eux a connu quelques déboires comme ici à droite, en juin 2015, lorsque ses deux parachutes de queue d’un appareil ne se sont pas ouverts. Les Su-34 couleur foncée ont été observés pour la première fois au salon Maks de 2013.. mais ce n’est pas avant novembre 2014 que les occidentaux ont pu les apercevoir ainsi peints au large de la Norvège, avec ce jour-là d’ailleurs une manœuvre jugée « agressive » (celle de ses Mig 31 d’escorte).  C’est en septembre 2015 qu’ils ont été déployés à Lattaquié en Syrie.  Six appareils seulement (quatre en un premier temps, ajoutés aux 12 Su-24 Fencer déjà présents; plus les 12 Su-25 Frogfoot) soit le 1/5 du type d’avions existants environ.  L’engin demeure donc rare, et ce n’est donc pas une surprise que son schéma de camouflage neuf n’ait pas encore été repris par les « Agressors » américains, sauf… fort récemment, et à ce jour sur un seul exemplaire biplace de la VFC-12 (ici à gauche).  Sur le cliché, en prime, l’avion n’a même pas de réacteur gauche de monté ! De là à ce qu’il rejoigne ainsi la Syrie…

Une accusation grotesque

Et Sputnik News (et RT !) d’embrayer pourtant sur la possibilité d’un vol de ce genre d’avion « déguisé » pour aller bombarder un convoi de ravitaillement humanitaire, sciemment bombardépar des Su-34 et leurs bombes bien répertoriées ((ici une reprise de son Tweet, suivi de tout un laïus sur un « false flag » US en préparation... là c’est sur Reddit, et ici dans le site des Anonymous-Fawkes qui a fait de même (3).

convoi

La belle, la superbe occasion qu’offre ainsi ici Borys aux russes, par sa méconnaissance totale du monde de l’aviation, offrant ainsi à Poutine de se dédouaner d’une agression caractérisée ! BellingCat,à l’occasion, ayant en effet relié les bombardements aux charges emportées par les fameux Su-34 russes… Les russes ayant fermement nié y être pour quelque chose… dans Sputnik News le 20 septembre ; rejetant la complicité sur les « casques blancs » :  » Le ministère a souligné que l’auteur de l’incendie, ainsi que son objectif peut être connu par les membres de l’organisation «Casques blancs» qui a la connexion avec  les terroristes d’Al-Nusra avant qui ont «accidentellement» été au bon moment et dans le bon endroit pour placer des caméras ».  Un bon nombre de pro-Poutine ont en effet en détestation ces pompiers volontaires, pressentis récemment pour recevoir le Prix Nobel de la Paix, telle l’ineffable Vanessa Beeley, autre pasionaria de Bachar el Assad (elle est ici tout sourire à sa gauche). On la trouve souvent sur le site de 21CenturyWire de Patrick Henningsenn, abonné à RT.  Ce dernier est relayé en France par le Saker Francophone, qui relaie par exemple Fayed Hasan, l’admirateur du Hezbollah.  Pour Henningsen, les russes ne sont pas, bien entendu responsables du crash du MH17.  Avant de lancer son propre site, Henningsen était, on le rappelle, l’éditeur associé  du fascisant Alex Jones. En 2013, il avait aussi écrit que l’engin volant inventé par l’escroc M.T. Keshe était à l’origine de la capture du drone US par les iraniens !!!

 

Sputnik dans ses œuvres : une reprise de volée !

sosieEt Sputnik d’en rajouter lourdement, à sa façon, deux jours plus tard à peine après le Tweet du canadien trop pressé (ici à gauche) : « Le fait est que l’on peut voir les ailes repliables de l’aéronef américain seulement quand il est au sol, et les bouts verticaux de la queue du F-18 diffèrent de l’appareil russe par leur pente sur les côtés. Ainsi, si l’on enregistre l’appareil américain à l’aide d’une caméra semi-professionnelle alors qu’il nous survole, il sera impossible de le distinguer du Su-34. Le seul signe distinctif que le F-18 « rénové » a gardé est l’étoile blanche sur fond sombre. Pourtant, sur sa queue on trouve aussi une étoile rouge, la même que portent les avions russes. Il est à noter que « les travaux de peinture » ont commencé justement après que le chef de la diplomatie américaine John Kerry a demandé à l’opposition syrienne de fournir des vidéos prouvant les « crimes russes contre la population civile (syrienne, ndlr) ». Cette information est apparue suite à une « fuite » de la conversation audio entre le secrétaire d’Etat américain et des opposants (les casques blancs). Y aurait-il un lien de causalité, se demande M.Borys… » (à noter que c’est doublement faux, car les avions russes envoyés en Syrie… n’ont pas d’étoiles rouges, elle ont été effacées ou masquées, et l’exemplaire peint comme un Su-34 ne porte absolument pas d’étoile non plus, mais plutôt l’insigne des Marines US !). Et triplement aussi, voire quadruplement, l’histoire de Kerry étant un autre ragot et le Predator sorti du chapeau une bien mince parade face aux terribles accusations. Celles de crime de guerre, tout simplement !

Des ravages de Twitter chez les apprentis journalistes

hornet-agressorOn ne sait ce qui lui a traversé la tête, à notre canadien, pour écrire pareille bourde et la laisser envahir le net via Twitter. Car chacun sait que ces avions « peints comme des avions russes » ne sont jamais sortis des Etats-Unis, puisqu’ils servent exclusivement à des entraînements au combat aérien, sous le nom générique « d’Agressors ». Je vous ai même expliqué ici (un des épisodes est visible ici) quels étaient les mercenaires qui les avaient remplacés.L’escadron de la Navy US utilisait ses Hornets de l’escadrille 55 des Agressors de Nellis, jusqu’en 2014, date à laquelle les contraintes budgétaires ont arrêté son fonctionnement. Cela avait commencé il y a bien longtemps, avec d’autres appareils. Tous des avions d’entraînement, au départ. Aucun n’a jamais été envoyé sur un quelconque front de conflit. Un bon nombre de « vieux agresseurs » attendent leur fin probable en plein désert désormais, à l’AMARG de la basede Davis-Monthan en Arizona. Le fait est connu, archivé, répertorié… et même Youtubé… la photo dont s’est servi Borys provient d’ailleurs de là. D’un exercice TopGun de 2013 sur la base de Beaufort !

youtube

 

Inconséquence et irresponsabilité

avion-grisEn un seul Tweet inconséquent, Christian Borys a offert une perche aux amis de Poutine, qui ont bien sû en profiter. Et ils ne se se sont pas faits prier, en effet : ils sont une armée pour ça, à scruter le net à la gloire de leur maître. Il a beau eu avoirtenté de se rattraper après, alors que des internautes lui avaient fait remarqué l’idiotie de son premier Tweet, c’était déjà trop tard. Jamais un seul avion américain porteur de ce type de décoration n’a été montré à l’extérieur des Etats-Unis. Aucun n’a volé en Syrie, pas plus qu’ailleurs. La livrée de cet avion amené par les russes en Syrie arbore un coloris foncé, [Ad: copie-ecran-reloaded]depuis 2011 (on les présente comme couleur « aubergine » sur le dessus chez les maquettistes).  Celui qu’on peut voir ici (ci-dessus, l’image provient de… Sputnik !). C’est le Su-30SM qui a gardé ses couleurs d’origine. Et celui-là n’est pas fondamentalement un bombardier (tout en étant multiple). Mais trop tard, les amis de Poutine, si nombreux et si actifs sur le net avaient déjà repris l’idée… comme le montre ce Tweet ci-dessus, à droite. Une idée reprise aussi à la volée par Michael Shigorin, shigorinalias Michael Oleksandrovych, employé de Anna-News (3), fan de Linux et porte-voix des séparatistes ukrainiens pro-Poutine, dénoncé ici en tant que tel (voici ce qu’il diffuse comme montage immonde !). Son message étant encore plus fielleux : « Comment ça un nouveau False Flag ? L’US Air Force sera surprise si en ce cas un « avion russe » sera abattu par ceux qui savent toujours mieux que les autres »… allusion évidente au crash du MH17… Borys donnant ainsi un argument aux partisans des séparatistes ukrainiens pro-Poutine, et les laissant même s’exprimer dans son propre compte Twitter !

borysNon, décidément, on ne peut informer via Twitter, et encore moins s’en servir pour faire œuvre de journaliste (ici ses premiers papiers de 2014 au Toronto Standard, où il proposait déjà… de le « suivre sur Twitter »).  De propagandiste, en revanche… parfois consciemment, et parfois par bêtise ou méconnaissance c’est donc possible, la preuve aujourd’hui.  A ce jour, hélas, le canadien a montré qu’il était capable de faire les deux.  Et c’est là tout le problème le concernant.  L’homme qui se vante de se rendre sur les zones de combat en moins de 5 heures ferait mieux de se poser un peu plus souvent, et de réfléchir à ce qu’il écrit, avant de se noyer dans la pire facilité de la Twittitude… on ne peut que lui conseiller de laisser son casque lourd et son gilet pare-balles au bercail, et de retourner s’inscrire dans une bonne école de journalisme, plutôt.  Il est pourtant conscient de ce qu’il vit aujourd’hui, c’est ça qui est affligeant.  Dans une (rapide) biographie , on lui avait posé la question « comment les médias sociaux ont-ils changé (pour vous) l’information ? »  Sa réponse avait pourtant été celle-ci :  « c’est instantané et c’est partout. Une histoire peut se développer dans un village en Ukraine et devenir tendance à New York en quelques minutes ».Comme le coup du Tweet annonçant que les avions américains se déguisaient en avion russes. A part que là, c’est lui, l’auteur du Tweet qui a déjà fait, hélas, le tour de la Terre (4) !!! Borys, laisse donc tomber ton portable deux minutes… et arrête donc de Tweeter à tout va !

Evidemment, l’ineffable Laurent Freeman embraye lui aussi dans le processus:  Encore une faute des juifs (cf « la cabale » chez lui), cet usage du pistolet à peinture…

 

(1) une radio ouvertement de propagande  : « une radio et un groupe de communication privés financés par le Congrès des États-Unis « 

(2) il récidive ici avec cette photo et ce commentaire : « Christian Borys a passé l’été dernier sur les lignes de front de la bataille dans l’est de l’Ukraine pour couvrir la guerre entre les rebelles pro-russes et les forces armées ukrainiennes. Revêtir un casque de combat et une tenue militaire complète, la seule différence visible entre lui et les soldats habillés en costume similaire était le mot « PRESS » hardiment cousu dans son gilet pare-balles. Et, bien sûr, son appareil photo ». Cela semble un peu de la rodomontade, hélas. D’autres journalistes n’ont pas mis en scène leur action en zone de guerre. Dans le même article, on explique qu’il n’a ecommencé à faire dans le journalisme qu’en 2015 pour se reconnecter à ses racines »…  pressel’article expliquant qu’il est devenu bien vite producteur sur place d’une émission régulière de télévision sur le net : « plus récemment, Christian a fait équipe avec une organisation de médias indépendants à Kievappelée Hromadske pour devenir le producteur exécutif de The Sunday Show, le seul programme de langue anglaise couvrant les événements dans la région. Hromadske est également l’un des seuls organismes de presse en ligne indépendants en Ukraine, en utilisant YouTube et les médias sociaux comme débouchés pour les nouvelles non filtrées de rapports à travers le pays ». Voilà qui va vite en besogne, et manque singulièrement de recul, semble-t-il. L’éthique journalistique faisant place au « YouTubisme »… à noter aussi que l’indépendance du site semble discutable. Selon Wikipedia, les fonds de la chaîne proviendraient de Hollande, et de… George Soros. « En juin 2014, Hromadske TV avait reçu 558.842  hryvnias(1 euro équivaut à 28,04  hryvnias) du gouvernement du Canada, 394.181 de la Fondation Fritt Ord, 287.898 de l’ambassade des États-Unis à Kiev, 207.402  d’une vente aux enchères organisée par «Dukat» (l’Auction House ) et 1.875.180  des contributeurs individuels »… pas sûr que l’on puisse parler de totale indépendance, à ce rythme.

(3)  « L’objectif des bénévoles d’ANNA-News (qui sévit aussi sur Facebook !) est une information véridique, l’analyse et la prévision des événements directement liés au problème de la sécurité nationale de la Russie et de ses alliés stratégiques dans les conditions politico-militaires actuelles de la redistribution mondiale, la nécessité de protéger son propre peuple, le territoire et les intérêts nationaux, en tenant compte de la nature mondiale et la spécificité guerre de l’information mondiale »…

(4) celui là est tombé à pieds joints dans le panneau :  « Ibra Timité », le 10 octobre 2016 à 22:55 en forum a écrit en effet que « Tout est possible avec ces raclures. Le false flag est une de leurs armes favorites. Il y aura malheureusement toujours des niais pour tomber dans le panneau, malheureusement… J’espère cependant que les russes seront vigilants et abattront ces avions si ceux-ci font des choses pas très claires. Mais le problème est que les gens sont trahis par leurs perceptions ! Certains n’arrivent toujours pas à voir les dirigeants étasuniens pour ce qu’ils sont, des criminels de la pire espèce. Pour ma part je ne discute plus avec les gens qui sont complètement aveuglés parce que c’est une perte de temps et ça m’énerve. «  En fait de niais….

Nota : l’original de la photo du Horet peint couleur « aubergine » est ici, sur Warplane Porn. Le gag, c’est que les Marines manquent actuellement de F-18; le budget du F-35 ayant tout dévoré, et en juin dernier, ils cherchaient comment ressortir du tombeau de Davis-Monthan trente anciens F-18 C pour les remettre à jour ! Les Marines n’avaient pas eu la prudence de la Navy de commander des Super-Hornets en attendant un hypothétique F-35… et comme ils aiment aussi s’amuser avec leur éternel adversaire… ou peindre leurs appareils différemment… pas étonnant qu’ils aient été tentés de mettre en marche leur compresseur une nouvelle fois…

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.