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Grand guignol à Punta Cana (7)): quand on reparle de Franck Colin, mais pas que de lui

Les boîtes de nuit rencontrées à l’épisode précédent ont généré, et génèrent encore, énormément d’argent. C’est en effet hautement rentable : comme pour les hypermarchés, les investissements architecturaux sont faibles, pour un entrepreneur, sauf chez certaines comme celle qui a connu son heure de gloire en Corse, dans les années 90, comme on va le voir. D’où les rancœurs chez ceux qui ont été évincés du juteux circuit, les inimitiés qui peuvent tourner à des règlements de compte chez les tempéraments plutôt sanguins… . De conflits qui se terminent soit par des exécutions à moto, soit par des explosions mémorables, en Corse, en général. Et au milieu de tout ça, quand ce ne sont pas des footballeurs, ce sont des vedettes du show-biz qui déferlent, voire notre Jojo national, dont on a oublié  une peu la famille et le rôle qu’a pris dans sa vie son beau-père (alors autant le rappeler ici au passage). Des vedettes qui circulent en yacht, montrés comme billes de verre au milieu de la cour chez les élèves de maternelle : plus le yacht est grand, et plus elles sont admirées. Mais pour en avoir un de bonne taille, il faut être fortuné. Sauf chez un constructeur bien particulier, qui va se ruiner à en prêter plein à des…  truands notoires, mêlés à des trafics de drogue. Tous ces gens ont exercé une influence certaine chez Franck Colin, visiblement hypnotisé par tout cet argent visible et palpable, gagné parfois dans d’étranges circonstances, dont certaines restées ignorées des journalistes, qui n’ont pas assez épluché les journaux… roumains, pourtant plein d’informations. Ni non plus les moldaves, comme on va le voir.

 

L’argent généré par les boîtes de nuit rend certains nerveux, c’est bien connu. L’une d’entre elles va être réduite en miettes à l’explosif… et révéler en même temps les  liens entre le beau-père de Johnny et la famille Lantieri, si intéressée par le Cercle de jeux Concorde, à Paris. L’un des fils Lantieri, Paul, en 2010, était toujours en cavale depuis 2007 (ici à gauche filmé par FR3), mais trois ans plus tard il se livrera à l’étonnement général à la justice« En 2006, les policiers s’intéressent à Paul Lantieri, gérant d’un restaurant d’Aix-en-Provence, « La Rotonde », dont les conditions de rachat, six ans plus tôt, avaient intrigué la justice. Le 4 avril 2006, il a aidé à l’hospitalisation discrète d’Ange-Toussaint Federici, blessé lors dans la fusillade du bar des « Marronniers » à Marseille, au cours de laquelle ont été abattus un caïd local et deux de ses proches« . Mais ces liens n’ont pas empêché André Boudou de vouloir créer un boîte de nuit en Corse même. « Une troisième Amnesia voit le jour en France, plus précisément sur la commune de Bonifacio, petite ville située sur une falaise de calcaire. IMG_0002Nous sommes en 1995, année de la rencontre entre « Letti » et « Johnny » à Miami, et la Corse, notamment le sud, sort tout juste d’une élection présidentielle tumultueuse où gangsters et nationalistes jouent les francs-tireurs (…) ans plus tard, le 15 avril 2000, la boîte de nuit est tout simplement pulvérisée (ici ce qu’il en rest aujourd’hui). Des policiers attribuent l’explosion à un groupe de jeunes truands ayant l’intention de s’installer en Corse-du-sud : la Bande de la Casinca (1) aurait, avant l’attentat, abattu des membres de la famille C. présentée comme proche des Lantieri. Après l’attentat, vécu comme un ultimatum, « Paul Lantieri aurait préféré s’exiler sur Aix-en-Provence ». Ce serait donc Lantieri qui avait été visé dans l’explosion de la boîte d’André Boudou. Mais le même Boudou va mettre du temps à reconnaître qu’il le « connait » :  « Depuis la falaise de Bonifacio, les badauds ne peuvent que constater les dégâts : cinq charges de nitrate-fuel, de cent kilos chacune, ont pulvérisé l’Amnesia. L’attentat du 15 avril 2000 n’étant pas revendiqué, les enquêteurs découvrent très vite une coïncidence pour le moins troublante : cinq jours avant l’explosion, le 10 avril, l’administration fiscale avait adressé au parquet d’Ajaccio une plainte pour fraude fiscale contre Paul Lantieri (…) Si les bons comptes font les bons amis, il arrive aussi qu’un grand boum vienne simplifier les procédures fiscales, voire résoudre quelques petites tensions autour des caisses enregistreuses. Pressé de répondre aux questions d’un journaliste, André Boudou admet un lien d’amitié avec « Monsieur Paul Lantieri avec lequel, dit-il, il « a passé le dernier réveillon de fin d’année dans la montagne corse ». hallyday boudouQuand on sait que les frères Lantieri ont monté une Société civile immobilière et une SARL, la première louant les murs à la seconde, la seconde ne payant jamais le loyer à la première, et qu’une autre société gérée par Jean-Baptiste Lantieri aurait fourni en boissons l’Amnesia pour une somme globale de 900 000 francs, qui n’aurait pas été payée et qui n’aurait pas non plus été réclamée par « solidarité familiale », alors, oui, on peut comprendre l’embarras de Boudou. Son gendre n’est-il pas le « parrain » de la discothèque ? Plus tard, obligé de s’expliquer sur le montage financier d’une autre boîte parisienne en 2003, il déclarera au sujet des Lantieri : « Ce sont des amis très proches et des hommes d’affaires très sérieux que j’estime […]. Mais ils n’interviennent absolument pas dans le projet de l’Amnesia Paris »... Ici, une photo signée Pure People montrant Johnny Hallyday, Laeticia et son père, André Boudou, à L’Amnésia le 25 mars 2004.

jojo ford GTUn Jojo dépensier et flambeur, (depuistoujours) mais qui engrange à chaque tournée des quantités astronomiques de billets.  Ses concerts monumentaux lui assurent en effet un train de vie hors du commun. Des concerts qui rapportent combien,on en a eu une petite idée en 2010 avec un fiasco mémorable, celui de sa venue à Saint-Martin-de-Seignanx,  petit bourg de 5000 habitants près de Dax. Le 18 juillet 200,  on y attendait des milliers de spectateurs, et il y en y eut en effet 19 000 de présents – seulement- dans le stade. Mais pas assez encore, visiblement pour financer le 1,4 million d’euros réclamé par la tournée dont 875 000 euros pour le seul producteur, et 36 500 pour la société « BC Organisation ». Tout ça en raison du déploiement habituel d’un concert de Johnny soit « une centaine de techniciens sur place, 30 semi-remorques, 7 autobus, 260 projecteur, 2 écrans géants de 140 m2, 400 m2 de bâches et 60 tonnes de matériel pour la scène (de 66 mètres) voulue comme un opéra en ruine et des gardes du corps très à l’affut ». Le comité des fêtes du village avait vu trop grand et laissé ce jour-là une ardoise de 550 000 euros à la mairie, dont 300 000 seulement courts par une garantie bancaire et un emprunt. Pour la maire du village, du Parti Radical (de gauche) supportrice de la première heure, de Jojo, qui sera quand même réélue plus tard, le fiasco n’avait même pas été évoqué dans le compte rendu de la soirée : «  Vidé, laminé, exténué, ruisselant, il est parti dans son Hummer tout noir, vers ailleurs, dans cette voiture stupéfiante dans laquelle il était venu quelques heures avant le spectacle, près des chapiteaux, à l’écart, pour se restaurer. Il y avait là Laetitia. Johnny a mangé tranquillement, a fumé une cigarette et a caressé tendrement les cheveux de Jade. Puis il a disparu dans sa loge. Avec celles des musiciens, des choristes, des repasseuses, de son producteur Jean-Claude Camus, elles formaient un cercle à l’intérieur duquel un jardin avait été aménagé : phoenix, agapanthes, bougainvillées. Un vrai petit Eden où ne manquaient que des oiseaux de paradis, des jaguars repus et des licornes pour donner une idée du bonheur parfait sur terre. C’est là qu’il a reçu, quelques minutes avant le concert, Christine Dardy, maire de Saint-Martin-de-Seignanx, et une poignée de bénévoles pour leur dire tout le bien qu’il pensait de l’organisation. C’est vrai, ce concert, était un pari fou et tous les bénévoles locaux peuvent être fiers de l’avoir gagné ». Et un peu moins fiers peut-être d’avoir perdu plus d’un demi-million d’euros, en l’occurence ! Un petit bout de vidéo (de mauvaise qualité) existe de ce mémorable concert..

Peu de temps après, Jojo se fâchait avec son producteur… un ami de trente ans. Ce dernier, un peu las, concluait :« Johnny est une star nationale qui a le train de vie d’une vedette internationale. Cela crée des besoins. En août dernier, par appât du gain, il m’a quitté, car je ne voulais pas m’aligner sur la somme très alléchante, 12 millions d’euros, qu’on venait de lui proposer pour une tournée en 2012 » expliquait-il.  En comparaison le contrat de Karim Benzema oscille entre 4 M€ et 8 M€ au Real de Madrid… l’un achète des yachts, l’autre une Bugatti Veyron. . Jojo, c’est simple, vit au dessus de ses moyens : « jusqu’au bout, il faudra assurer ce train de vie démentiel qu’un ancien conseiller fiscal, éléments à l’appui, situe « entre 200 000 et 400 000 euros mensuels ». « Et encore, précise-t-il, ce chiffre ne comprend pas le remboursement des maisons. Il couvre simplement les frais d’entretien, de personnel, les voitures, les déplacements en jet et les dépenses quotidiennes. » canard jojoEn 2014 encore , la famille Hallyday-Boudou était rattrapée par le fisc, avec un redressement fiscal croquignolet, portant sur… la discothèque Amnésie, encore elle !!! En 2012, le même fisc avait déjà réclamé 9 millions d’euros pour d’étranges montages fiscaux ! « Dans son édition du jour, Le Canard Enchaîné affirme qu’une enquête de la brigade natio­nale des enquêtes fiscales, déclen­chée en décembre 2010, a révélé un «réseau complexe de socié­tés au fonc­tion­ne­ment plutôt baroque», notam­ment des trans­ferts d’actifs au Luxem­bourg vers une société dont les action­naires comptent une autre entité domi­ci­liée au Libé­ria. Contacté par le Canard Enchaîné, le fondé de pouvoir du chan­teur, Pier­ric Carbon­neaux Le Perdriel, s’est refusé à tout commen­taire, ajou­tant qu’«(il) quitte toutes (ses) fonc­tions dans les socié­tés de M. Hally­day dans un délai d’un mois».

Car notre jojo national, devenu le beau fils d’André Boudou, que vient-il donc faire dans cette galère, ou plus exactement dans cette description du paysage qu’a contemplé Franck Colin pendant ces dernières années ? Par hasard, il faut l’avouer, c’est lui qui fait le lien avec cette faune et la relie à un constructeur de yacht qui va se révéler bien peu prudent… « C’est à Miami, où André Boudou vivait et exploitait une boîte de nuit, que Johnny Hallyday rencontre la fille et le père, en mars 1995. «Un ami m’a proposé de dîner avec Johnny un soir. Laeticia est venue. Ils ne se sont plus séparés.» Un an après, le couple est marié. Boudou commence à jeter un oeil sur l’entreprise Hallyday. «Il était pillé, j’ai fait le ménage.» A Marnes-la-Coquette (Hauts-de-Seine), dans la résidence du chanteur, la famille Boudou s’installe, avec la grand-mère et l’arrière-grand-mère de Laeticia (décédée depuis). La «purge» commence. Elle va au-delà des pique-assiettes et «amuseurs» qui emplissaient la vie du chanteur ». shane1« Le rôle de Boudou a dépassé celui de simple nettoyeur des indésirables. Selon les proches du chanteur, c’est lui qui dégotte plusieurs yachts de Johnny. Il opine, mais jure avoir été opposé à la dernière acquisition de la star, un yacht de 6,4 millions d’euros, pas encore payé en totalité mais… déjà à vendre dans un port de la Côte d’Azur ». On retrouve assez vite lequel ce fameux yacht : « Et on se souvient surtout d’un yacht acheté 6,4 millions d’euros au milieu des années 2000. Gigantesque et ultra luxueux, shane2l’engin était surtout très mal conçu et devait au premier vent sérieux  rester au port. Ou même amarré il coûtait très cher car les caractéristiques techniques du bateau imposaient la présence permanente à bord d’un capitaine de la marine marchande d’un capitaine en second et d’un ingénieur pour les moteurs, Comme tout cet équipage tous était embauché à l’année,  au final la facture mensuelle s’élevait à près de 30 000 euros, beaucoup ,oui beaucoup d’argent pour un yacht dont Johnny ne se servait quasiment jamais. » Le yacht étant le Le Shane, un Mangusta 80 ‘hard top« , de chez Rodriguez, dans lequel se serait passé en 2003 un  événement oublié depuis par tout le monde (devenu ce genre de propos dans la presse, à mettre en correspondance avec une autre déclaration surprenante du chanteur).

jojo fochAujourd’hui, le même chante sa vie désordonnée et son rythme affolant dans le refrain de « Une vie à l’envers » de son tout dernier album (la vidéo ici c’est Johnny sur le porte-avions Foch en 1979, car il y effectivement donné un concert devant les Etendard de la Marine… juste avant que Fauret et Odos n’intègrent l’Aéronavale !)  :

Les hélicoptères, les avions, les nuits

Une vie à l’envers, à l’envers je vis.

Les hélicoptères, les avions, les nuits

Une vie à l’envers, à l’envers je vis.

 

attaque de 1990Rodriguez, et ses yachts ?  Une autre affaire dans l’affaire : pour le comprendre, il faut revenir encore une fois en arrière (c’est à tiroirs en effet et l’ouverture de l’un en enclenche un autre !) :  « le 1er mars 1990, sur une bretelle d’accès à l’autoroute, près de Mulhouse, des véhicules bloquent un fourgon de transport de fonds, des hommes cagoulés en jaillissent et, sous la menace de leurs armes, ils font main basse sur 300 kg de billets de banque (photo d’actualité ici à gauche). Un butin estimé à plus de cinq millions d’euros. Pas un coup de feu. Ni vu ni connu. Du travail d’artiste. Mais, à défaut de la moindre piste, la PJ de Marseille subodore que les truands ne sont pas forcément originaires de l’est de la France. Les policiers grattent un peu et parviennent à mettre un nom sur une partie des malfaiteurs. Il s’agit de « l’équipe de l’Opéra », dont Bernard Barresi est le maillon central. Mais celui-ci, bien informé, parvient à prendre la poudre d’escampette. En 1994, il est jugé par contumace et condamné à vingt ans de réclusion criminelle ». Plutôt adroit, Barresi a réussi à se faire oublier… pendant 20 ans, jusqu’à ce qu’une écoute de 2010 du clan Campanella lâche le nom de « Jambon« , ce qu’un policier ayant de la mémoire et plutôt subtil fait aussitôt bondir : la compagne de Barresi s’appelle en effet… Serrano. Les policiers qui épluchent son cas découvrent qu’elle « était la gérante d’Alba Sécurité, une société de 143 salariés basée à Gardanne, laquelle, selon le site Bakchich, aurait été sous contrat avec le conseil général des Bouches-du-Rhône et aurait fourni des centaines de « stadiers » lors des matchs de l’OM » (elle a été liquidée le 16 octobre 2012) : Barresi, alias « Jambon », était tout bêtement devenu businessman tranquille, via sa compagne !!! La suite, c’est une filature classique, qui ramène à… Rodriguez :

barresi« Un bateau de plaisance, ce fameux Yes, devient dès lors le nouveau fil d’Ariane des enquêteurs. Ils découvrent très vite que ce superbe yacht estimé à plus de 800 000 euros est en fait mis à la disposition de « Jambon », alias Barresi, par le PDG d’un groupe de renommée internationale, le groupe Rodriguez. Ils révèlent également qu’Alexandre Rodriguez dirige une entreprise aux multiples ramifications qui vont de la construction de navires de plaisance à leur revente en passant par leur réparation. Elle possède des bureaux de représentation aux États-Unis, à Dubai, à Genève. C’est au bord du lac Léman qu’Alexandre Rodriguez a employé au sein du groupe un certain Gérald Lafarge identifié par la suite comme étant Gérald Campanella. Décrypter la relation entre le magnat de la plaisance et « Bombelus » devient dès lors une priorité de l’enquête. Des machines à sous des bars marseillais à cet univers doré de la Côte d’Azur, le juge Philippe Dorcet doit désormais comprendre quel est le lien. L’affaire démontre en tout cas que le clan Barresi-Campanella est depuis longtemps sorti des routes traditionnelles du milieu pour s’acoquiner avec le monde des affaires. Les investigations traduisent  notamment la forte amitié qui lie Alexandre Rodriguez et Gérald Campanella. Ils partent ensemble en Floride avec leurs compagnes, roulent en Roll’s et dépensent sans compter dans les meilleurs établissements de Miami. C’est la belle vie, même si le groupe Rodriguez connaît depuis l’année 2008 quelques difficultés financières. Et ce sont justement ces difficultés qui semblent avoir rapproché le fils d’entrepreneur et le caïd. L’enquête permet rapidement de comprendre que l’emploi de Gérald Campanella à Genève est avant tout une couverture lui permettant de se mettre au vert durant sa cavale. C’est donc tout le clan qui bénéficie de la protection et de la manne Rodriguez. Si Jambon peut parader sur le Yes, Gérald lui peut frimer allègrement sur Bono, une autre superbe unité mouillée à proximité. Pour la petite histoire Barresi et Campanella sont des affectifs. Ils ont donné aux deux bateaux les noms de leurs chiens respectifs. L’affaire Rodriguez est d’autant pluyacht atlass juteuse que nos truands n’ont pas versé le moindre centime pour acquérir ces yachts de grand luxe avec menuiserie en acajou, siège en alcantara et tout ce qui va avec. Rodriguez, décidément généreux, met en fait gratuitement à disposition du gang ses belles unités.  troisième homme, Jean-Claude Pietrotti, joue lui aussi les petits Niarkos sur une troisième vedette, le Santo-Pietro »… Quand Barresi est arrêté « le couple s’apprête à embarquer sur l’Atlas  » (ici à gauche, photo Nice-Matin-La Provence), un yacht de 27 mètres qui appartient à Alexandre Rodriguez. Cet armateur de la Côte d’Azur qui a accroché dans sa cabine une toile de Dufy a l’habitude d’accueillir sur ses yachts les stars du show-business comme Johnny Hallyday » note le Point. Le 11 juin 201à, Alexandre Rodriguez, qui n’a que 25  ans, est mis en examen, pour « blanchiment, d’infraction à la législation sur les jeux et d’extorsion de fonds aggravée, recel de malfaiteurs, abus de biens sociaux» et il est écroué  par le juge Philippe Dorset. Même le New-York Times relatera l’arrestation, qui surprend dans le milieu.

serenityParmi ses clients les plus connus,  on comptait l’animateur français Arthur (exilé fiscal en Belgique !), avec le yacht de 27 mètres Serenity (ici à droite). Alexandre Rodriguez est alors « poursuivi pour abus de biens sociaux car, selon les enquêteurs, il a prêté «gratuitement» des yachts «qui se louent 3 000 euros la journée hors taxe, sans l’équipage ni le carburant». Il a aussi «salarié Gérald Campanella comme chauffeur». Il l’aurait rencontré sur un salon nautique, «il y a six ou sept ans». «Les autres s’étaient incrustés. Ils disaient qu’ils allaient acheter les yachts, les faisaient réparer gratos, mais ils ne les auraient jamais payés, dit un enquêteur. Ce qui les intéressait, c’est le blanchiment. Ils n’avaient pas besoin de hausser la voix.» Quatre yachts de Rodriguez ont été saisis, ainsi que 200 000 euros en cash. Mais aussi des faux papiers, des armes, des véhicules, des montres de luxe, et une quarantaine de machines à sous. Selon la police, l’un des suspects disposait de 70 téléphones portables.. » Le 6 août 2014, le groupe Rodriguez, exsangue financièrement, est placé en redressement judiciaire. L’un des chantiers est racheté par Claus Johansen, associé au  holding néerlandais Industrial and Marine Diesels. Dans « La Provence » du 26 mars 2012 voici ce qu’on décrit du train de vie que Campanella s’offrait à bord du yacht de Rodriguez : « la fouille du Yes, le yacht sur lequel Bernard Barresi est arrêté livre un aperçu de son train de vie : deux montres Audemars Piguet dont l’une d’une série limitée à 300 exemplaires. On retrouvera treize autres montres chez sa compagne, Carole Serrano, patronne d’Alba Sécurité, basée à Gardanne, aujourd’hui en redressement judiciaire. Le 4X4 Audi Q5 dans lequel il roule est celui de la société. « Bé » vit sous une fausse identité, sans carte bancaire. » Lorsque la firme Rodriguez est liquidée, elle a accumulé 96 millions d’euros de dettes ! Le juge chargé de l’enquête a aussi fait une découverte intéressante : « faut-il s’étonner si les investigations de la justice française conduisent dans le canton de Genève ? D’une part, Alexandre Rodiguez est domicilié à Corsier, une petite commune du canton de Genève. Par ailleurs, il est administrateur de la société Service de Navigation Plaisance (SNP) Boat Service, installée rue du Commerce à Genève. Une entreprise spécialisée dans l’achat, la location, la vente de bateaux neufs et d’occasions, ainsi que dans l’acquisition de places dans les ports, comme Bakchich l’a déjà raconté. »

03TUNEZ_250Au sortir de cette jeunesse quelque peu mouvementée, et de ces rencontres « formatrices » de la jet-set et des clients des boîtes de nuit tropéziennes, Franck Colin a aussi croisé Marc Chouraqui, fils de Gérard Chouraqui, l’ancien directeur général adjoint du groupe L’Oréal et riche à millions (il possède 25 Ferrari !). Marc lui-même étant lui aussi passionné de voitures : on le voit ici aux côtés du pilote nordiste François Delecour, sur Buggy SMG, lors de la 1ère « Transorientale » organisée par le champion belge René Metge, à partir de St -Pétersbourg. C’est Chouraqui qui l’oriente vers la Roumanie où il y a énormément d’argent à faire avec l’immobilier qui flambe là-bas, d’après lui, dans l’après Ceausescu et où tout se paye en espèces, ou en … lingots (ah tiens, les revoilà). Pas de taxes, pas d’impôts, que du benef brut !!! Mais pas que là : nos deux lascars ont aussi investi en… Moldavie voisine – voir la carte Quid ici à gauche (et ça aussi ça a été oublié par la presse, qui n’a pas beaucoup cherché, hélas !) . Avec des moyens surprenants pour faire un maximum d’argent au plus vite. On retrouve une trace hélas trop discrète de son passage dans un magazine roumain, National, en date dmoldavie_carteu 4 novembre 2014, qui raconte une histoire édifiante, sinon sidérante, question moralité, celle de l’achat d’un terrain fort particulier pour y construire un centre commercial… qui se situe en Moldavie : « Mark Chouraqui est le jeune milliardaire de 35 ans qui est en train d’apporter presque tous la mode mondiale à la capitale (…) Chouraqui est arrivé en Roumanie il ya quelques années, lorsque l’entreprise a ouvert ses portes. Pendant ce temps, l’entreprise a été combinée avec le plaisir, et ont passé à travers son lit Raicu, Lili Sandu, et d’autres modèles plus ou moins connus (…) Mark est d’origine française, mais titulaire d’un passeport suisse. Il réside sur la Côte d’Azur, à Moscou ou Bucarest et c’est un collectionneur de voitures de luxe. Chouraqui fait partie d’un club exclusif des propriétaires de Rolls Royce, et chaque fois qu’il vient à Bucarest il atterrit l’aéroport à Bucarest-Baneasa à bord d’un jet privé (l’histoire ne dit pas s’il s’agit du petit Falcon de SN-THS). En Roumanie, il a développé autour de 30 entreprises dans lesquelles est associé, entre autres,  Frank Colin, le mari de Maria Marinescu. Frank était au début le garde du corps du milliardaire, mais peu à peu il a gagné sa confiance et est arrivé à gérer une partie de l’entreprise. L’entreprise Chouraqui a été énormément aidé par son père, qui a dirigé la célèbre entreprise l’Oréal. » Le terrain acheté par Chouraqui et Colin était en effet… exceptionnel, c’est le mot, pour y construire un supermarché (?) : « nos sources nous ont révélé qu’à Chisinau le milliardaire a payé environ 4,3 millions d’euros pour deux hectares de terres. 
cimetière heroesL’enjeu d’affaires était énorme, car sont intervenus pour la transaction en faveur de l’ancien milliardaire le premier ministre de Bessarabie Tarlev et le président Vladimir Voroniq.  Aujourd’hui  Chouraqui veut y élever un centre commercial, ce qui a généré un scandale énorme. L’adjoint au maire de Chisinau, Nistor Grozavu, a essayé de bloquer le projet. « Je leur ai expliqué (à Mark Chouraqui et associés) qu’ils ne pouvaient pas y construire quelque chose. Avant le début des travaux, ils avaient dit vouloir y créer un marché pour des produits industriels, mais ils n’avaient obtenu aucun certificat d’autorisation et ni de planification. Car pour cela, ils  auraient du procéder en conformité avec les principes propres aux déplacements de cimetières militaires, « a déclaré Grozavu. En outre, le président de l’Association d’anciens combattants, Basil Zaiaţ, a menacé de poursuivre le gouvernement s’il changeait d’emplacement le cimetière -. « Nous exigeons l’annulation de l’accord pour le transfert du cimetière. La vente a eu lieu illégalement, parce que tout établissement, religieux ou monument militaire est protégé par la loi », a déclaré Zaiaţ ». Raser un cimetière militaire pour en faire un hyper !!!

jumbo1Il fallait oser !!! C’est tout simplement ahurissant ! La morale des jet-setters ? Elle n’existe pas, en boîte de nuit comme dans la vie courante ! Le cimetière appelé Botanica Heroes, contenait des tombes de soldats troupes roumains russes, autrichiens, tchèques, français, Grecs, Polonais, etc., morts dans les deux guerres mondiales en Bessarabia. Les soviétiques avaient abattu auparavant la chapelle-ossuaire construite à la mémoire des militaires roumains et étrangers. La vente proprement dite remontait à octobre 2007 avec un prix d’achat élevé à l’époque, note la presse – 70 millions de leus moldaves, (3,2 millions d’euros) à la compagnie « Buiucani Real Estate Holding«  LLC »jumbo2déclarée au nom des citoyens français Marc Gerard Georges Chouraqui comme le relève la presse locale. Le centre commercial Jumbo avait été construit, finalement «  le cimetière a été rasé et l’Institut de Pneumologie et de Physiologie, une maison d’habitation ont été construits sur l’emplacement (en 1959) et un magasin commercial Jumbo a été récemment érigé »  affirmaient le 23 avril 2008 les vétérans, qui avaient défini le même jour vouloir restaurer la partie du cimetière épargnée, devenue une véritable friche pleine de détritus! Les intervenants rappelant à l’occasion que la Heroes Cemetery est « soumis aux lois sur la protection du patrimoine culturel, et que la Moldavie fait partie de la Convention de Genève de 1949 sur la protection des victimes de la guerre. »

Chisinau, où le 13 juillet 2013 était pris dans le filet du service des douanes 2,08 kgs de cocaïne d’une valeur marchande estimée à 145 600  € dans les bagages d’un homme de 48 ans, habitant la République Dominicaine, arrivé directement à bord d’un vol de Punta Cana. Chisinau, le fief d’un certain Viktor Bout et de ses appareils décrits ici : « Ceux-là, ou les fameux Skylink Arabia, autre avions notoirement dévolus à la sphère de Viktor Bout et dont un bon nombre sera photographié le 4 avril 2009 par un spottteur doué de bons réflexes à… an72pecotox-airChisinau, encore cet endroit, dans le fief moldave du « maître de guerre ». L’Antonov 26 de Sky Link Arabia ER-AVB, l’Antonov 24 d’Air Moldova, ER-46417, l’Antonov 26 d’Air Moldova ER-26046, l’Antonov 24 de Sky Link Arabia ER-AZX, loué à une société moldave, Pecotox Air… (ici son Antonov 72, photo de Vaclav Hudela)  une firme signée… Victor Bout. On y voit même les vieux Ill-18 aux hélices bleues si prisés par AirCess et Air Pass, devenus Grixona, l’ER-ICB notamment (devenu vieux machin pour VIPs en ml de finances ?- les photos sont à hurler, à voir le degré zéro des finitions- !). La bonne vieille mule de transport du système Bout ! Sans oublier l’ Antonov 24 de Tandem Aero ER-46508, et encore et surtout l’Antonov 32 d’El Magal Aviation, matricule ST-NSP, qui ressemble comme deux gouttes d’eau avec son dessous de fuselage noir à celui de….Yaroshenko« . Yaroshenko étant ce pilote arrêté pour avoir tenté d’emporter de la coke du Venezuela vers la côte ouest de l’Afrique en très gros porteur (c’est un Ill-76 qui était prévu pour l’opération).  Le lien entre les deux Air Cocaïne : celui du Boeing 727 de Tarkint et celui du Falcon de Punta Cana. L’antonov 72 An-72-100 ER-AVE deviendra D2-MBW en Angola… il est vu ici en 2008 à Tallinn, en Estonie.

confidentialEn Moldavie, qui héberge rappelons-le en son sein l’incroyable Transnitrie, un trafic intense existe en effet, comme l’explique Wensley Clarkson dans  « Cocaine Confidential: True Stories Behind the World’s Most Notorious Narcotic » qui revient sur ces fameux avions Moldaves  « Le trafic de cocaïne en Moldavie, comme dans toutes les anciennes républiques soviétiques, a augmenté de façon spectaculaire depuis la disparition de l’Union soviétique. Les crimes économiques et liés à la drogue, résu220px-TransnistrianRegionMapltats les plus visibles et prévisibles de la situation économique qui se détériore dans les pays nouvellement indépendants, ont submergé les ressources humaines et financières qui leur sont consacrées. Le rôle de la Moldavie en tant que point de transbordement pour les drogues illicites est au cœur de toutes les connexions de ce pays à la cocaïne.  Sammy affirme même qu’un certain nombre de pilotes locaux – à l’origine formés dans l’armée – ont récemment été embauchés par les barons de la coke colombiennes pour déplacer un avion de ligne nouvellement acquis de la Moldavie vers la Roumanie, et ensuite vers la Guinée-Bissau, en Afrique de l’Ouest. ‘Tu vois ? Tout le monde est payé quand ils ont besoin de se déplacer de la cocaïne », dit Sammy. Ceci est seulement le début, mon ami. La Cocaïne va faire beaucoup de Moldaves très riche au cours des prochaines années. » La Moldavie, et le trafic d’armes de son enclave de la Transnitrie, cocaïne et armes étant étroitement liées. Un pays fort peu fiable, questions transactions économiques, donc, où tout se règle… en espèces !

air moldova airbusLa Moldavie, sujette à d’autres secousses avec l’implication d’hommes politiques véreux dans le circuit. L’histoire du trafic moldave est elle aussi une histoire à tiroirs,nous dit Moldova 24. C’est d’abord celle de la compagnie Air Moldova, justement, privatisée et vendue en 2000 à la société allemande Unistar Vencer, ou plus exactement Unistar Vencer s’était octroyé 49% des parts de l’entreprise. En fait c’était un beau tour de passe-passe.  Car le directeur de l’Administration de l’aviation moldave , Victor Topa, avait alors expliqué  fort sérieusement aux députés moldaves que la reprise d’Air Moldova par Unistar Vencer avait été accomplie par une augmentation des actifs de la société. Ce qui signifiait qu’Unistar avait ajouté des fonds dans les actifs d’Air Moldova et donc en était devenu propriétaire. Or  Unistar Vencer avait en fait comme propriétaire Victor Topa lui-même !!! Le terrain ayant été préparé depuis 1999 par le responsable en charge de laprivatisation des actifs des entreprises publiques, Vlad Filat, du  Parti libéral-démocrate de Moldavie (PLDM), alors futur premier ministre, un  fidèle ami de Victor Topa. Les avions d’Air Moldova ont ensuite été impliqués en Afrique dans des transports d’arme ou de drogue, payés en or ou en diamants, les pays où ils atterrissaient n’ayant pas de monnaie forte. Le nom d’un baron de la drogue était apparu auprès de celui de Victor Topa, lors de l’opération Cellmate, déclenchée par la DEA et l’UE. yak 42 air moldovaC’était une entreprise familiale : c’est Viorel Topa, alors à la tête de la Caisse d’épargne moldave (BEM), a avait fourni des prêts à Air Moldova : un million de dollars avaient ainsi été transférés chez Victor, en utilisant les comptes d’Air Moldova. Un transfert effectué par une obscure société offshore nommée Sparks Corporation. Rattrapé par la justice, Topa, devenu aussi ministre des transports en 2001 se voyait poursuivi par le procureur Andrei Nastase. Mais l’affaire s’était réglée comme par miracle quand la famille de Anastase part s’installer à Francfort, dans une maison… offerte par Victor Topa. Entretemps ce dernier s’était emparé de la banque Victoria, après voir extorqué (par la menace) à sa propriétaire Galina Proidisvet les droits de 15% que sa famille possédait encore, d’une valeur de  9.000.000 de dollars. « En 2011, le magazine allemand Der Spiegel avait scandalisé l’opinion publique avec une histoire qui prétendait que l’avion du gouvernement de Theodor Heuss, utilisé par la chancelière allemande Angela Merkel, avaitété vendu avec l’aide de certains investisseurs Est-européens à l’Iran (un Airbus A-310 devenu EP-MMX pour Mahan Air). Le problème était que l’avion était devenu une partie de la flotte iranienne, en violation de l’embargo européen imposé à l’Iran. Ce qui est illégal et scandaleux. Plus intéressant encore, l’avion avait été vendu par une société enregistrée à Gibraltar, sous le nom d’Aero Flight Limited, dont le titulaire principal est Avalon Services Limited, enregistrée aux Bahamas. Le propriétaire d’Aero Flight inscrite à Gibraltar est nul autre que Victor Topa. Il est intéressant de voir comment la mvlad filat goodême société, Aero Flight Limited, était également le propriétaire de Victoria Aircraft Lease, dans laquelle Vitor Topa et Vladimir Orsovschi étaient autrefois gestionnaires. Cette entreprise fut plus tard rebaptisée German Medical Diagnostic GmbH, dont le propriétaire était le German Diagnose Centrer. Et maintenant, retour au régime de privatisation d’Air Moldova. Étrangement similaire à elle est la manière dont la République de Moldova a perdu ses actions à la Banque d’épargne en 2013. Ça avait été fait de la même manière, par une augmentation de capital. Nos héros ont utilisé une méthode qui a été prouvée comme fructueuse grâce aux actions de Topa et Filat depuis 2000. Comme nous l’avons dit, rien n’est accidentel lorsque beaucoup d’argent est en jeu. Tant le hold-up d’Air Moldova que la fraude de BEM ont eu lieu dans des conditions politiques instables. Dans les deux cas, Filat (ici à gauche) tenait les postes-clés qui lui ont permis de camoufler ces méfaits ».  En Octobre 2011, Victor Topa a été condamné à 10 ans de prison pour extorsion suivie par l’acquisition de biens, en grandes proportions (telles les actions de VictoriaBank), l’APB, puis a été recherché par l’intermédiaire d’Interpol. En septembre 2015 le ministère de la Justice de la République de Moldova a adressé aux autorités allemandes demandent l’extradition de Victor et Viorel Topa. Vlad Filat a été arrêté en octobre dernier seulement pour la disparition de… 1 milliard de dollars de trois banques moldaves, pas moins (la Banque des Economies, Unibank et la Banque sociale). Dont 250 millions versés en pots de vin sur le compte de « Fortuna United », le nom de deux coquilles vides appartenant à Filat aux Seychelles ! Pour beaucoup, dans ce pays parmi les plus pauvres d’Europe, c’est « la fraude du siècle » ! Pour d’autres, c’est le « hold-up de tout un pays« , dont on a fait fort peu de cas hélas, en France, ou… au Canada !!!

colinAu passage, l’ancien petit caïd de Toulon visiblement dépourvu de scrupules, dans l’affaire du cimetière, a en effet épousé (en grande pompe dans un château français) une styliste roumaine, Maria Marinescu, nièce par alliance de l’ancien président Ion Iliescu, l’ancien président roumain (photo Var-Matin ici à droite (4))… et fait la fête à St-Trop le soir, dans des endroits où coule le Champagne et où est censé circuler de la coke, beaucoup de coke, comme on peut s’en douter. C’est alors qu’il a rencontré… Alain Castany : « son vieux copain, l’entrepreneur Olivier Jollin, lui a présenté alain Castany, un pilote chevronné bien connu au Bourget. C’est notamment lui qui s’occupe du jet privé d’Alexandre Balkany, le fils du sulfureux député-maire de Levallois. en échange de quelques milliers d’euros, Castany a bien volontiers accepté d’emmener Colin à Saint-Tropez. L’homme n’a pas beaucoup hésité avant de confier aux mains de cet inconnu la vie de sa petite famille, tant on lui a vanté les qualités de ce pilote exceptionnel. en plus d’être très professionnel, Alain Castany s’est de surcroît révélé drôle et sympathique. Il a même laissé son ils prendre quelques secondes le manche de l’appareil… Un numéro que le pilote a l’habitude de répéter avec ses clients fortunés ». Jollin qui est aussi un farceur dans le genre en appelant une de ses sociétés « Eliott » et l’autre « Ness », possède aussi Air Stream et Aircom, qui n’ont pas de rapport à l’aviation, ou SpringWest, mais aussi Ojo et Far West. Toutes ont leur siège au  59 bis rue Bonaparte, dans le VI eme !

colin mariéFranck Colin, abandonné ou trahi aujourd’hui par ses proches, ou par ses soutiens peu recommandables ? La presse roumaine people (ou « Spy News ») bruisse de l’annonce de la demande de divorce faire après un an d’incarcération (mais « pas reçue par le prisonnier », paraît-il !). Elle a aussi été mariée quelques mois à Alexandru Tiriac (à droite ici) fils du milliardaire Ion Tiriac que l’on connait bien ici en France : devenu l’homme le plus riche de Roumanie et la 840e fortune mondiale avec une fortune estimée à 1,1 milliard de dollars US selon le classement du magazine Forbes en business2 tiriac2007, c’était aussi le compère fort drôle sur les cours des doubles de démonstration avec Ilie Năstase (ils ont fait ensemble  294 matchs de double, dont 22 titres gagnés notamment les Internationaux de France detennis !). Etrange coïncidence (?) , Alexandru Tiriac a été acquitté en 2009 dans une affaire de trafic de cocaïne, lui aussi... l’épais dossier du procureur roumain l’ayant serré s’appelait  » « Cocaïne pour les VIP », et il comprenait la joueuse de tennis Raluca Sandu, (elle aussi devenue mannequin) la fille du président de la Fédération roumaine de football (FRF) Mircea Sandu, et un neveu de ce dernier. »Le fait que le fils d’homme d’affaires Ion Tiriac était un utilisateur de drogue a été confirmé hier au Tribunal de Bucarest, par Robert Mircea Sandu, quant à lui condamné à trois ans de prison pour des infractions sur la circulation d’armes et l’utilisation de drogues illicites » avait-on pu lire dans la presse roumaine. Depuis, les relations du fils (remarié depuis avec Iliana Lazariuc),  avec son père Ion, semblent plutôt tendues… La même épouse, sacrée la »roumaine la plus sexy« , est un ancien mannequin et l’ex-chanteuse dans un groupe appelé Trinity.  Maria Marinescu a été entendue longuement par la DIICOT roumaine à la demande des policiers français.

neacsuCar la belle Maria est aussi aujourd’hui soupçonnée de complicité,par la justice française, pour avoir tenté de supprimer des fichiers d’enregistrement de vols d’avions de son mari, à la demande de ce dernier (ce qui aggrave sensiblement son cas). Enfin pas elle directement : c’est un homme de main, appelé Daniel Neacsu, qui l’a fait à sa demande, car c’est dans l’agence de ce dernier, gérée par sa compagneBeatrice Tican (un régal pour la presse People) liée aussi semble-t-il à Adrian Cristea, un footballeur international roumain; que la tentative a été faite (les deux tourtereaux vivent une relation fort conflictuelle). Selon Neacsu, les billets étaient pour la France, mais il n’aurait rien précisé à la presse pour les destinations vers la République Dominicaine »(«  il a évité une réponse claire » dit la Presse : il a éludé en effet !) Neacsu, visiblement, servait aussi de gros bras (tatoué) auprès de Colin, et dans l’enquête est devenu une personne importante. groupe roumanieOr ses antécédents n’aident pas en sa faveur.  L’homme, avant un interrogatoire ayant duré 6 longues heures (en visio-conférence ?) , venait juste d’être entendu pour avoir agressé une femme dans la rue, car il fait aussi partie du groupe ultra violent et fascisant du « Sportivilor ». Un procès visant ce groupe de nervis s’était terminé en mai dernier par 5 mois fermes infligé à Neacsu, après 8 ans de procédure (il les avait déjà faits en préventive), pour chantage et extorsions de fonds sur des personnes vulnérables. Car à Bucarest, son groupe de gros bras (ici à droite) fait régner la terreur sur des petits commerçant, en les menaçant ou les humiliant. En août 2011, les policiers avaient filmé une incroyable bagarre de rues avec trois blessés par arme blanche au centre commercial de Bercent, contre le clan rival. En 2012, le 8 janvier, une énorme vague de perquisitions (14 en même temps) menée dans plusieurs faubourgs de Bucarest avait été déclenchée pour soupçons de trafic… de cocaïne, quel hasard, et d’armes contre ce même groupe du Sportivilor. En août, lors du procès consécutif à la bagarre de 2014, un membre du groupe rival (Metin) avait sorti un couteau en plein prétoire ! Tous les jours, depuis des années, les télévisions roumaines montrent les rixes entre les deux clans violents ou les arrestations à répétition de leurs leaders. On baigne en pleine pègre ! Pas sûr que le dénommé Neacsu ait été d’une grande aide pour blanchir le toulonnais Franck Colin et lui éviter d’être assimilé à ce même milieu ! L’encombrant nervis risque fort en effet de plomber la défense de Colin !!!

 

undercoverUn Franck Colin qui s’ennuie ferme depuis deux ans au fond de son cachot, etqui a eu le temps de réécrire tout ça à sa façon, en qualité de premier concerné, comme vient de le révéler le magazine Marianne. Dans un surprenant article, intitulé « Air Cocaïne: Les confidences du suspect Numéro Un »il se décrit désormais comme… aviseur, chargé d’infiltrer un réseau de trafiquants, pour des commanditaires restés fort mystérieux (voilà qui va faire bondir l’ami Marc Fievet !). Au passage, il fait des quatre de Punta Cana des trafiquants, tous sans exception ! Ce n’est en rien sa première déclaration de 2013. Selon lui-même, il aurait été l’envoyé de l’ « International Drug Enforcement Center » roumain, alors que le nom de l’agence nationale est la«  National Anti-drug Agency« , L’International Drug Enfoncement Center étant tchèque… et non pas roumaine ! On imagine fort mal l’ancien videur travailler pour les « haricots verts » (déformation amusante chez les douaniers français de « undercovered » !), du Service interministériel d’assistance technique (Siat) en effet.« Le jour de sa mise en examen chez le juge, à l’issue de sa garde à vue à Nanterre, Frank Colin s’était d’abord préoccupé de sa Rolex et de ses cartes de crédit qui n’auraient pas suivi avec sa fouille. Étrange personnage qui, gamin d’une cité défavorisé, laissé à lui-même par des parents séparés, a trouvé sa voie dans les sports de défense et un métier de portier en boîte de nuit » écrit la Provence. Un homme de la nuit, qui papillonnait, en quelque sorte, propulsé au grand jour et s’être brûlé les ailes pour s’être approché d’un peu trop près des projecteurs.

(1) La bande de la Casinca, ou Ceux de la Casinca, ou Bergers de Venzolasca

« Groupe criminel structuré dont les principaux membres, une centaine environ, sont originaires des villages de Venzolasca et de Vescovato situés en Haute-Corse – région de la Casinca, au sud de Bastia. La bande de la Casinca a commencé à braquer des banques sur le continent au milieu des années 1980. Par la suite, l’essentiel de ses membres a travaillé pour la Brise de mer, notamment en gérant les divers parcs de machines à sous clandestines autour de Marseille et de Paris, avant pour les uns de migrer en Amérique centrale, pour les autres d’investir le milieu du jeu et diverses activités légales.

Principaux personnages : Toussaint Acquaviva ; Jacques Buttafoghi (abattu en 2009) ; Ange-Toussaint Federici ; Jean-François Federici ; Pierre Federici ; Jean-Luc Germani ; Stéphane Luciani ; Jean-Fleur Perrin- Martin ; Antoine Quilichini ».

un bon article sur les « haricots verts » ici:

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/10/01/01016-20111001ARTFIG00007-les-indics-dans-l-ombre-ils-informent-l-etat.php

Pour la Transnitrie, voir les 5 épisodes de  « Transnistria Trafficking Arms » sur You Tube (ci-dessous le 1er épisode).