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L’été de la désinformation (9) : les escrocs de la santé magnifiés par les journalistes « indépendants »

L’énergie dite libre a eu pendant des années son escroc en la personne d’Andrea Rossi (elle vient d’avoir aussi l’ineffable Keshe dont je vous ai parlé ici), l’idée de vaincre le cancer en a eu plusieurs, dont un cas qui obligatoirement va revenir au fil du temps : pensez donc :  l’inventeur d’une machine censée guérir de cette maladie est mort sans laisser derrière lui de documents permettant de connaître le détail du fonctionnement de son procédé.  Idéal pour qu’il devienne un mythe !  Son appareil ressemblait à un délire du laboratoire du professeur Tournesol, ou de Géotrouvetou, et personne n’a jamais su expliquer son fonctionnement… même pas son constructeur lui-même.  Le bidule, dans sa version finale, faisait plus de 50 tonnes et il n’avait fonctionné que 3 jours.  Il n’empêche, chez StopMensonges, toujours aussi judicieux, c’était bien la machine idéale… pour soigner le cancer (ça et les autres recettes farfelues) !

Une découverte par hasard pendant la guerre

folagaTout démarre chez notre Tournesol-Trouvetoupendant la guerre, en 1943, où un prisonnier italien âgé de trente ans est transféré par l’autorité allemande à la base sous-marine de Bordeaux.  C’est un radioélectricien, du genre prosaïque : il n’est pas ingénieur mais possède un savoir-faire assez impressionnant, qui étonne ses supérieurs.  Antoine Priore sait déjà tout réparer, ou presque, car il est d’une curiosité extrême.  Rien ne lui échappe.  Et surtout pas les faits que d’autres n’ont pas remarqué.  L’année précédente, en Italie, l’homme, alors affecté à une station de radar et de transmissions, dans la marine italienne, travaillait dans un local exigu, qui le forçait à jongler avec la place à l’intérieur.bv-138  Comme il y avait stocké des fruits, des oranges, il avait constaté que les siens, enfermés près de l’émetteur radar ne pourrissaient pas, au contraire de celles de ses collègues stockés ailleurs (à gauche un radar RDT4 « Folaga » italien, développé à parti de 1935 par le professeur Carrara).  Dans sa station, pas de frigo bien sûr ni pour lui, ni pour les autres. L’expérience l’avait subjugué. A Bordeaux, il ne travaille pas près d’un radar, mais les U-Boot dont il s’occupe doivent être régulièrement démagnétisés (ici un sous-marin récent faisant de même), et le champ aimanté à produire, par son intensité, produisait les mêmes effets sur les victuailles, avait-il remarqué.  Ici en photo, un peu l’inverse à bord d’un « sabot volant » BV-138 : un cercle émettant un rayonnement magnétique pour faire sauter à distance les mines.  Les anglais faisaient de mêmeavec des Wellington.  Aucune étude, hélas,  n’a jamais été menée sur les aviateurs ayant été soumis à ces rayonnements magnétiques.  Ont-ils fini cancéreux, où ont-ils bénéficié des ondes émises, rien, le brouillard complet.

Le radar qui conserve

Durant la guerre, en 1942, affecté à une station de radar et de transmissions, dans la marine italienne, il a constaté que des oranges exposées aux champs électromagnétiques de ses émetteurs ne moisissent en effet pas.  Il va à partir de là bâtir une conviction, et tenter à sa libération d’inlassablement reproduire l’expérience, à défaut de réussir à la comprendre.  Tout se fera ainsi : sans plans préalables, sans formalisation, c’est avant tout un… bricolage, et une suite sans fin de tâtonnements répétés. Aucune théorie d’élaborée, mais des constatations induisant des modifications régulières : c’est une découverte à l’aveugle.  Il bénéficie aussi d’un heureux concours de circonstances, il peut expérimenter pas mal d’objets électroniques tels que les tubes, car depuis la fin de la guerre, les stocks de l’armée en regorgent.  Aucune difficulté pour s’approvisionner, même à bas prix.  Son atelier devient vite une caverne d’Ali Baba de surplus divers.  D’où ses multiples tentatives, jamais suivies de notes précises : il n’a aucune méthode scientifique, c’est un intuitif né.

Une technique « atomisée » aujourd’hui utilisée par les hypers !

nordion-irradiator-french

symbole-alimentEn fait Priore a découvert par hasard l’effet des rayonnements sur les végétaux.  Des années plus tard on formalisera cela en créant des centres d’expositions brefs de rayonnement, d’origine nucléaire, cette fois, pour empêcher des légumes de se dégrader : les bactéries ne les attaquent plus, tuées… par les radiations : c’est le même principe, à part que la source des rayonnements diffère.  Ces centres utilisés par les hypermarchés, en France (ici le JS-10000 deNordion, au Canada, car là-bas aussi, vous y avez droit) reçoivent aujourd’hui encore fort peu de publicité  : le grand public n’aimerait pas apprendre qu’il mange des produit qui ont été irradiés.  C’est dans les années 60 que le concept était apparu aux Etats-Unis, expliqué ici par exemple dans le numéro de Mécanique Populaire N°228 de mai 1965.  Il se trouve que j’ai déjà expliqué ailleurs ce concept.  Un concept qui aurait pu faire l’objet d’un beau sujet « conspi » (« ils nous gouvernent et nous empoisonnent « ) mais comme on a pu le voir ce ne serait pas la première fois qu’ils ratent le coche… ces ignares.  L’étiquette indiquant que le produit a été irradié (c’est le logo RADURA), personne ne la connaît.  Et pour cause, elle n’est que fort peu représentative…. des radiations, qui utilisent plutôt ce signe connu.

Les barquettes gamma

camion-irradiation« Dans le numéro de mai 1965 de ma revue(N° de mars aux USA), en effet un article est intitulé « le monde merveilleux des produits irradiés » à coup de cobalt 60 et au césium 137 : du bois, pour mieux l’imprégner de résine, du plastique à mémoire de forme… ou des aliments, bombardés de rayons gamma pour ne pas pourrir trop vite. Le procédé depuis a fait florès : aujourd’hui, en sept endroits différents, des barquettes de fruits ou de légumes passent sur un tapis roulant qui bombarde d’isotopes, et peu de gens le savent : le but, prolonger la vie du fruit pour pouvoir le vendre plus longtemps. Ça ne l’améliore en rien, ça ne fait que tuer les insectes qui pourraient encore subsister dessus ou dedans, et détruit même au passage des vitamines, comme l’ont fait remarquer des campagnes de prévention de la CRiiRAD.  On mange tchernobylisé, et on ne le sait même pas. Tout y passe, de l’oignon à l’échalote en passant par lirradiationa viande de volaille, les herbes aromatiques surgelées, les crevettes, congelées ou non, et jusqu’au camembert au lait cru !  En France, il existe déjà 7 centrales d’irradiation des aliments, dont une à Orsay (dans l’Essonne, chez Thomson, au domaine de Corbeville), qui traitent pour l’instant 5 000 tonnes d’aliments irradiés chaque année. Evidemment, nulle étiquette extérieure n’indique le traitement.strawberries Faudra-t-il aller acheter dans les années à venir ses légumes ou ses fruits muni d’un compteur Geiger pour se rendre compte des doses que l’on reçoit ?
Avez-vous vu beaucoup de publicités sur le sujet ? Que nenni : on en parlait pourtant déjà il y a 44 ans maintenant !!! Mieux encore : en janvier 1954 déjà, un autre entrefilet de MP indiquait que le passage sous les radiations, envisagé pour « stériliser » détruisait aussi les vitamines !! Ce qui était néfaste il y a 55 ans serait donc devenu bon entre temps ? Les Verts, nos fameux écolos, dans lesquels je ne retrouve pourtant pas, ont pourtant demandé en 2005 une commission d’enquête parlementaire sur le sujet : on l’attend toujours. La « conserve atomique » comme on le disait dans les années cinquante, a encore de beaux jours devant elle, à ce rythme là ! Tout se passe comme si le gouvernement souhaitait minimiser ce principe en effectuant un black-out complet sur cette technologie dont les effets à long terme sont inconnus, et dont les consommateurs ne sont nullement avertis. On retrouve le syndrome des ondes WIFI, pour lesquelles les études semblent bien avoir été bâclées, sinon étouffées dans l’œuf. Par les fabricants de matériels, bien entendu ».
Ah les ondes et les rayonnements ; vaste débat !

Des végétaux à la viande, puis… à l’être humain malade
f89Priore avait très certainement approché le même procédé, sans le savoir.  Mais ce qui l’avait très vite tenté, à l’époque où le cancer faisait de terribles ravages, c’est l’expérimentation sur le vivant. Qu’il tente d’abord en passant d’abord des légumes à la  viande : « le Dr Marfaing, son médecin, situe ses premiers résultats vers 1948-1950 : « Un soir Priore m’appelle, il exultait, il dansait, en me montrant un morceau de viande qu’il avait parfaitement conservé ». Son appareil rudimentaire lui permet donc de tuer les moisissures à l’origine du pourrissement. Multipliant les essais sur diverses denrées (c’était un expérimentateur insatiable), il remarque l’état de conservation exceptionnel des légumes et des viandes plusieurs semaines à plusieurs mois après traitement. On ne peut l’explipriorequer par la seule destruction des micro-organismes. »Conservation mais pas encore de soins, pour les êtres vivants.  Il a alors l’idée de tenter l’expérience sur une petite chatte dont la tumeur cancéreuse finit par régresser après 15 jours d’exposition à sa machine, en 1953. Il faut attendre 7 ans pour en avoir une seconde et une expérience sur 60 rats à la tumeur greffée (plus facile à éradiquer).  L’expérience « marche », et mieux puisqu’il n’y aucun effet secondaire de perceptible de visible. Une commission réunie par Jacques Chaban-Delmas reste cependant sceptique, car aucune procédure sérieuse n’est possible avec unemachine que personne ne connaît en détail.. même pas son inventeur, qui l’a bricolée au fur et à mesure. priore10A l’intérieur du dernier projet M600, le plus monstrueux (à gauche ci-dessus le projet 2, et à droite le dernier), c’est le palais du facteur Cheval électronique ! Mais son entourage le sollicite, et comme il ne sait pas dire non, certains membres de sa famille commencent à lui proposer de soigner des personnes atteintes de maux incurables, selon la médecine de l’époque. Et comme aucun protocole sérieux n’est établi, la moindre rémission ou la moindre évolution positive va vite se transformer en réputation de « soigneur de cancéreux« . « Très vite il soigne des malades venant « au cas où » pour cause d’impuissance de la médecine (nous sommes dans l’après guerre, dans les années 45-50, l’ère de l’antibiothérapie débute, les techniques médicales incertaines, on manque de tout ». 

Un succès improbable et incompréhensible, surtout !

tube3Une réputation qui va vite prendre une dimension inattendue, des industriels tentés par l’espoir de juteux bénéfices commençant à l’approcher, malgré le fait que lui-même ne s’explique toujours pas pourquoi parfois ces appareils marchent.. et d’autre pas, sur certains patients. Mais on est dans les années 60 et comme la recherche cale alors sur comment soigner le cancer, on est prêt à écouter n’importe quelle piste, même celle d’un charlatan (même si l’obstiné Piore semblait de bonne foi, au départ).  Et il y en aura plusieurs, hélas, qui contre espèces sonnantes et trébuchantes annonceront des guérisons miracle.  Sa réputation s’amplifiera, Science et Vie lui consacrera même un grand articlesigné Pierre Rossion en 1971 (dans le N)643, ci-dessous à droite), qui conclut en prenant parti pour accentuer ces travaux.  Mais le docteur Reboul, lui, crie au scandale, car il reçoit les cancéreux passés par le traitement de Priore, et c’est…. catastrophique, selon lui.  On teste une deuxième fois l’engin, à nouveau sur des rats, et ça marche à nouveau, pourtant. Le professeur Pautrizel, aidé de a propre femme, devient son principal supporter. A partir de 1965 ses travaux commencent à être connus. svie-643 D’autant plus que deux industriels sont venus à sa rescousse pour injecter de l’argent :  Sovirel, une filiale du groupe verrier Saint-Gobain et les Moteurs Leroy, dirigée par  Georges Chavanes.  Un allié de poids, à coup sûr : Chavanes deviendra ministre en 1986 sous Chirac ! La seconde machine de type industriel (la première étant un petit essai expérimental) est effectivement construite en 1965 par la société Leroy-Somer. La troisième également, on débute sa construction par un contrat signé le 18 avril 1972. Le bâtiment de béton édifié abrite une machine évaluée trois millions et demi de francs de l’époque. Au cœur de l’engin… une ampoule ou plutôt un tube de pyrex de 60 cm de diamètre et de 6 m de haut au total (ici à gauche) ! Elle sera mise en service en 1975 et fera sauter à plusieurs reprises ses générateurs électriques, avant de tomber définitivement en panne en quelques jours. C’est est fini des rêves de Priore ; Leroy-Somer jette l’éponge (depuis l’entreprise charentaise, rattrapée par un autre problème de santé, est devenue.. japonaise).

Soupçonné de tricherie

Mais avant cela, les recherches bien confuse de l’italien ont connu d’autres déboires. Patatras, en effet, en 1965 également, quand un scandale d’origine anglaise éclate avec la venue à Floriac du docteur Ambrose, envoyé par une sommité, le professeur Haddow du Chester Beatty Research Institute de Londres. Le spécialiste est arrivé sur place pour observer le bien-fondé des « découvertes » de Priore.  Or ses conclusions sont terribles, car il conclut à une…. tricherie pour un lot d’animaux: pour lui, les souris expérimentées ont été… échangées. Hubert Curien, alors directeur général du C.N.R.S, s’en émeut et conseille de faire attention à ceux qui seraient tentés d’être associés à ses recherches.  La pcouvrerudence est alors de mise, pour éviter les critiques a postériori, et cela va de soi. Néanmoins, François Ortoli ministre du Développement Industriel et Scientifique, déclare que l’expérience contrôlée de mai 1969 « a indiscutablement mis en évidence une stimulation des défenses de ces animaux contre cette atteinte, effet qui peut être attribué à un renforcement des processus immunitaires » mais qu’il faut donc attendre la fin des travaux pour prendre une décision.  La médecine officielle est visiblement embarrassée par le cas, et l’attitude de Priore, qui ne veut rien communiquer, et comme il ne  s’exprime lui-même qu’en un sabir franco-italien assez incompréhensible et n’a aucun document à montrer, cela n’arrange pas les choses, puisqu’il n’a pas de « preuves » tangibles de ses expériences à soumettre aux experts.  Si les scientifiques doutent en majorité, la presse s’enflamme : n’importe quel sujet sur une guérison possible du cancer attire les lecteurs…  comme un aimant.  Un autre homme, alors en tresse les lauriers : c’est Jean-Michel Graille, qui n’y est pas allé de main morte en intitulant son ltweeter-plasmaivre paru en 1984 « Dossier Priore : une nouvelle affaire Pasteur ? ».   Le journaliste semble s’intéresser à ce genre de cas « vendeurs » : dix ans après, il récidivera en allant contacter Loïc Le Ribault autre personnage aussi flou avec son célèbre « G5 » miracle, une histoire contée -elle aussi- dans le magazine Nexus N° 39 – 2005 . Le livre de Graille est un long plaidoyer pour les recherches de Priore, qui insiste sur les tergiversations des hommes politiques à son égard, dont Chaban. Mais il n’explique en rien le fonctionnement de l’engin qui se résumerait à une conjonction improbable de rayonnements magnétiques (17 différents ?) incapables à reproduire ailleurs. En somme, par hasard, il aurait trouvé le bon cocktail… d’ondes.  Ou plutôt, certains le pensent aussi, les bons sons… mais ceux inaudibles par l’être humain;  Car l’engin obligatoirement émet aussi des ultra-sons : il existe des « tweeters » d’enceintes à plasma, (chez Magnat)  base du principe de l’ampoule central de Priore (ici en expérience marrante de laborantin audiophile, avec électrode en mine de crayon !),deux-photosqui fabriquent des sons audibles, ceux là. Elle sont aussi énergivores. Le son, dans ce genre d’engin, est provoquépar une décharge d‘effet Corona (ah, les fans de Teslavont se réveiller, à entendre ce nom !).  L’engin de Priore évoluant dans les Ghz plutôt que les haut-parleurs d’aigus, qui évoluent dans la gamme des 12000-20000 Hz).  A gauche, le tweeter à effet corona de Diego Barone de Lucca, en Italie,., très dans le « style Priore » !!! Un must ! Chez les fanfarons du web médias, Priore avait utilisé des « ondes scalaires ».. Le même terme flou qui a été accolé à Konstantin Meyl par Hervé Janecek, qui n’a pas hésité ici à mettre la photo du premier à côté de celle de Tesla !

Pas le seul dans le domaine

rife_1rifeMais Priore n’est pas le seul, à s’être fourvoyé en self-made man. Les travaux échevelés de Priore ont eu unprécurseur… américain : le dénommé Royal Rife, avec son « tube à plasma » fabriqué avec son collègue Hoyland. Lui  aussi a été censé tuer les virus et s’attaquer aux cancers.  Pour en vanter les mérites, on ira écrire qu’il avait réussi à photographier le premier le virus de la tuberculose (chez StopMensonges notamment). Alors que le premier vaccin Calmette Guerin (BCG) avait déjà fabriqué dès 1924 !!! Rife aura prétendu un peu tout, dont l’invention de microscopes d’allure incroyable, au look plus psychédélique plus qu’autre chose (ici à droite), mais aussi d’avoir soigné la tuberculose par les ondes, alors qu’il n’avait jamais été médecin. zapper C’était en réalité un chauffeur de maître !  Ses « générateurs de fréquence » ou « Zappers » vendus sous son nom ou ceux de Bob Beck (mort en 2002) inventeur du « Brain Tuner », appelé  aussi « BT5 » et celui d’Hulda Clark sont des escroqueries manifestes.  On les trouve pourtant recommandées sur le net, comme ici par « Alternative santé »… pour vendre le bidule, on invoque ici la douve du foie, mêlée de façon incompréhensible à … Alzheimer : « en présence de toluène ou de xylène, la douve migre vers le cerveau où on la retrouve dans des cas de maladie d’Alzheimer trépanés »… en ajoutant « Ces données proviennent d’études américaines, allemandes et suisses n’ayant jamais été diffusées en France ». du grand n’importe quoi encore une fois… !!! C’est pourtant édité par la société Santé Port Royal, qui en même temps prétend combattre les ondes des téléphones portables  (lire ici le principe de vente magazine-produits) !!!

Une revue pour perpétuer les faux espoirs de Priore

stp-mens-prioreMais il y en a toujours pour ne pas l’oublier, ce Priore.  Outre StopMensonges, il a avait eu auparavant la revue Nexus, qui, dans son numéro 69 de juillet 2010, sous la plume de Prsyka Ducœurjoly; « journaliste indépendante » qui avait rédigé un article sur Priore, en rappelant… les travaux de Lahkosky, comme précurseur revendiqué, lui-même cité par le Professeur Murzeau, le même qui aujourd’hui affirme avoir réussi à « ressusciter la machine de Priore »? Ayant monté en effet un laboratoire à Cestas, il et se présente depuis comme « l »élève du Pr Raymond Pautrizel », celui qui avait chaudement supporté Priore Sur son site, censé parler de son laboratoire de l’ARTEC, il se présente en effet avant tout comme le successeur direct de Priore avec un intitulé sans ambiguïté « priore-cancer.com »! .  Comment a-t-il réussi à refaire la machine, qui n’a jamais eu de plans tracés, on ne le sait.  Notre journaliste non plus, mais elle écrit sur Priore ceci : « cela fait plus de 60 ans que ces travaux sont « placardés » malgré les expériences probantes qui n’on cessé de diviser les scientifques« .  Le mot « probant » étant à l’évidence un abus de langage.  Celui d’une « journaliste » pas trop sûre d’elle-même en vérité, dont le parcours chaotique démontre un caractère touche à tout mais sans approfondissement : de la superficialité en tout.  En 2014, changement de ton chez elle, la voici en conférence, sur scène, où elle se présente désormais comme une « naturopathe » convaincue, et nous explique surtout que l’on nous ment, sur tous les sujets, selon elle.  Mais qu’on ne lui fait pas, à elle,« l’indépendante » formée à la « nature« , visible  ici. Un vrai show à la Dubosc !!! Ok, mais la dame semble avoir été assez peu regardante sur la nature même du magazine qui a hébergé ses propos.  C’est pour sûr chez qui elle travaillait qui est plus intéressant à noter : car – le sait-elle au moins ?- elle a travaillé dans un magazine qui prônait aussi même temps… des pratiques médicales dangereuses, au détour notamment d’un article prônant la non-vaccination…. au point de se voir interdite de distribution par augmentation de sa TVA (en novembre 2006 Nimage036exus avait en effet écrit « Les avantages de la vaccination n’ont pourtant jamais été démontrés par aucune étude scientifique « (1) !!!).  Son directeur en France, David Dennery, est plus inquiétant encore quand on constate qu’il « déclare que l’évolution de l’humanité est liée à des interventions extérieures d’extraterrestres.  Il refuse à la fois le créationnisme et l’évolutionnisme« ….Remarquez, on peut presque le croire : pour la revue, les « crop-circles » étaient toujours des « phénomènes inexpliqués » en 2004…!!!

Une revue sanctionnée pour atteinte à la santé publique

Comme rédacteurs, dans sa revue, on tombe sur Aymeric Chauprade, ce grand scientifique spécialiste de la location d’hélicoptères en République Dominicaine… Notre jeune Prsyka avait eu d’autres chats à fouetter en traitant d’autres thèmes aux sein de Nexus en octobre 2010, notamment c’est en effet elle qui avait  rédigé « Faut-il avoir peur des « chemtrails » ?, dont elle expliquait ainsi  la raison: images-2« A la demande de nombreux lecteurs du magazine NEXUS, j’ai traité le sujet des « chemtrails » : sur la toile, certains pensent en effet que nous subissons un empoisonnement généralisé et intentionnel, dissimulé, mais aussi visible dans les traînées des avions. »... Naturopathie, chemtrails, ne manque plus que les extraterrestres, ou le marronnier de l’Energie Libre à la E-Cat !!!!  Ça tombe bien, dans Nexus; il y a aussi… l’énergie libre expliquée et signée Rosch Technology, et son générateur KPP, l’autre merveille des merveilles : « le KPP génère de l’énergie en mouvement perpétuel !”  avait-on pu y voir en octobre 2015 dans le N°100. En réalité le chaud partisan allemand du procédé, Hartmut Dobler, n’était autre que le PDG de E-Cat Allemagne et le bailleur de fonds de Rosch…!!! Il n’y avait plus que l’ineffable canadien BlueMan, en 2014 sur Agoravox, pour y croire, à cette autre escroquerie…. j’avais apporté ce commentaire à ce texte « le coup du fonctionnement perpétuel, on ne peut y croire à moins d’être un gogo… » Ce à quoi un intervenant avait ajouté que « Nicola Tesla était Serbe, c’est plutôt bon signe »…. pauvre Tesla, il n’avait vraiment pas mérité ça !Interrogé sur le KPP, Dennery bottait en touche en citant le… LLW9 « une invention française » , autre procédé douteux (dans lequel est tombé tête en avant le gouvernement actuel, qui s’est fait piéger, là, car le procédé de promettre la Lune chez soi c’est de l’E-Cat tout craché !).Une énième foutaise à lever de fonds avant d’avoir commencé quoi que ce soit, flinguée ici en beauté et encensée ailleurs, comme il se doit par.. Blueman !!! Les premiers clichés montrés par Besançon (qui n’avait encore rien à montrer !) étaient ceux de l’improbable invention de John Searl dans les années 80 !!! Il avait aussi fait ça, il est vrai, le Searl…

Machines à rêves et négationnisme

C’est elle encore, la naturopathe showoman du TedX qui avait laissé sa plume à plusieurs reprises dans la revue (elle revient sur les vaccinations à 11’25 de son show, comme quoi c’est bien une personne formatée par Nexus !!), une revue dont le contenu a plutôt de quoi effrayer. Car dans ses autres éditons, la revue aussi a évoqué d’autres sujets bien plus inquiétants : « selon Goodrick-Clarke, le représentant britannique du magazine Nexus croit en la véracité des Protocoles des Sages de Sion (une contrefaçon qui se présente comme un plan de conquête du monde établi par les juifs et les francs-maçons), admire l’écrivain négationniste David Irving et nie l’existence des chambres à gaz d’Auschwitz« . Ah ce doit être ça le « Next Age » qu’ils prônent tant ! Ou leur goût pour les aliens descendus de leur soucoupe nazie ! Evidemment, ce commentaire acerbe n’est pas pour plaire à Nexus, qui en ce début d’année 2016 a essayé de s’en prendre à Wikipedia enmenaçant l’Encyclopédie d’un procès, révélant tout l’ambiguïté qui est la sienne : d’un côté prôner la « liberté d’expression » des « journalistes indépendants » et de l’autre essayer de faire taire ceux qui révèlent le projet politique derrière la revue ! La même journaliste se retrouvant sans surprise aussi dans le « Magazine alternatif » » ouverture.net » de Jean-Luc Martin-Lagardette (l’auteur de cet ouvrage !), ancien de l’ESJ Lille, présenté comme « journaliste et essayiste, défenseur de la diversité spirituelle, intellectuelle et thérapeutique » qui a par exemple écrit  « une Lettre ouverte d’un jéhoviste à un franc-maçon s’inquiétant de la montée de l’islam ».... et a écrit un livre intitulé « Pour une reconnaissance politique de la transcendance »…   Lagardette, qui a aussi interviewé ici avec beaucoup d’indulgence sinon plus Eric Roux. Au cas où vous ne le sauriez pas, c’est un « ministre de l’Eglise de Scientologie »…. et même le « président de l’Union des Eglises de Scientologie de France » !!! En 2012, c’est Robert Ménard qui l’avait fait en parlant de « rapport malsain à l’argent«  !!! Nôtre jeune égérie twittant récemment que « nous avons besoin de spiritualité pour entrer dans l’anthropocène »… quand elle ne ressuscite pas la méthode Ogino, rebaptisée « appli » « Sympto« , car elle est aussi en guerre contre la pilule, bien entendu (au nom de « la gestion écologique de votre fertilité« ) ! A-t-elle vu au moins cette photo duprofesseur Jodef Rotzer, à la base du concept ? « Le 16 Juin, 2002 Rötzer a reçu l’ Ordre de Saint Grégoire le Grand,  la quatrième plus haute médaille pour services rendus à l’Eglise catholique romaine » peut-on lire un peu partout !

Le Next Age, ou plutôt le retour en arrière nazi :

molay-admirateurChez Nexus qui a des supporters chez Agoravoxcomme chez le Cercle des Volontaires (ce sont eux, eneffet, mais il y a aussi Karl Zero qui en a vanté les mérites au nom des « des médias non alignés ») – et même Bernard Dugué, également chez Agoravox, l’homme qui trouve qu’Einstein ne suffit plus (?)-, on retrouve aussi à peine voilées les thèses nazifiantes de Jan Udo Holey, alias Van Helsing (ici à droite), « l’inventeur » des prétendues soucoupes nazies (celui-là, je vous en reparlerai plus tard si vous le voulez bien).  Et grand admirateur aussi des templiers… C’est ce qu’expliquent fort bien ici l‘historien des religions Emmanuel Kreis et Stéphane François :« si, comme nous le pensons, les deux traits qui caractérisent le Next Age permettent l’élaboration de discours comme celui de van Helsing, nous devons également constater qu’ils en facilitent leur diffusion au sein des réseaux des New agers. C’est par hasard en nous renseignant auprès d’un ami scientifique sur les théories de Van Helsing au sujet de l’énergie que nous avons été amenés à nous pencher sur la revue Nexus. En effet, quelle ne fut pas notre surprise de constater que notre ami connaissait les théories sur « l’énergie libre ». Interrogé sur l’origine de son savoir, il nous expliqua qu’une amie de sa mère évoluant dans les milieux New Age avait laissé chez elle des exemplaires de la dite revue. » Van Helsing, dont la revue reprend en mai-juin 1999, certains éléments de son « Livre Jaune », notamment lorsqu’il est question des Rothschild. Une pensée plus que nauséabonde bien trop présente en filigrane dans Nexus. Chez Nexus en effet, un article intitulé « Le Nouvel Ordre Mondial et l’esclavage par le contrôle de la pensée » évoque ce contrôle de la pensée comme ayant été » mis au point par les savants Nazis dans le cadre de l’opération paperclip pour le compte des Illuminati ainsi que le développement de ces nouvelles technologies et leurs applications par le « Nouvel Ordre Mondial ». Une belle prose d’illuminés ! Bien entendu, le tiroir abus sexuels, thème vendeur, fait partie de l’armoire à thèmes racoleurs de Nexus :« Les abus sexuels d’enfants et l’horrible technologie du contrôle de l’esprit peuvent être le dogme de foi des pratiquants du satanisme aussi bien que celui des programmateurs. Ils peuvent aussi être symptomatique d’un combat plus vaste à l’échelle cosmique. En fait, givaudanil se pourrait que cette guerre spirituelle, et la destruction des valeurs absolues, soit la vraie raison de la mise en lumière des abus rituels, et du contrôle de la pensée. Pendant ce temps-là, l’impérialisme satanique continue sa route, invaincu, et la bataille pour la planète Terre passe à l’étape suivante ». En fait, c’est mot à mot  l’idéologie maladive d’un Van Helsing (l’aryosophie), recopiée à la lettre ! Anne Givaudan, son éditrice est fort représentative du phénomène : elle est en effet passée du  New Age (elle est l’auteur  de « Récit d’un voyageur de l’astral » (en 1980), de « La Terre d’Emeraude : témoignage d’outre-corps » (en 1983), « De mémoire d’Essénien » (1984), et de « Les Robes de Lumière »(1987), à des écrits complotistes, comme « Les Dossiers sur le Gouvernement Mondial » sorti en 1996. Un ouvrage… référence pour Stop Mensonges qui lui consacre une page le 28 mai 2015 (20 ans après la sortie du livre). La phrase « Les Êtres de l’ombre ne sont pas une assemblée mythique. Ils utilisent le sexe, la drogue et tout ce qui peut nous disloquer tels la jalousie, l’esprit de domination… » débute cet article sidérant. Bigre ! On découvre pas loin cette perle la concernant : « dans cet enregistrement disponible en libre accès ici, Anne Givaudan, qui pratique le voyage astral depuis de nombreuses années, livre des informations troublantes sur l’existence d’une structure occulte visant à exercer son contrôle sur la marche du monde ». Le  » voyage astral » ??? Ce serait elle, Prue, de Charmed, ou quoi (l’actrice, qui combat aujourd’hui… un cancer du sein) ?

Allez, on mélange tout : les ondes, les pyramides et Nexus !

gag-electriqueAvec les gogos, tout semble marcher, à coup sûr (2). Le ThéraPhi (oh le nom ici !) fait partie de la catégorie, présenté avec un jargon citant les élucubrations du professeur « Dan Winter ». L’argumentaire pour le vendre est… incohérent : « ce sont essentiellement (dodéca stellation) les symétries fractales basées sur le nombre d’or d’implosion néguentropique des champs bio-actifs centripète »… Heureusment, se dit-on, il n’y a qu’un seul appareil de ce type en France… C’est distribué ici. Pardon par« Christine Degoy, artiste peintre et thérapeute intuitive.«  Fichtre ! A bien regarder le bidule, on se dit qu’on l’a déjà vu ailleurs, ce cylindre rosâtre. Et en effet : c’est le bidule de verre de Thomas Bearden, qui se réfère ici à… Priore. La boucle étant ainsi bouclée !!! Lui a prétendu un jour posséder un doctorat de l’université  de  » Trinity » : vérification faire c’était une simple boîte postale à Sioux Falls, dans le Minpyramide-jardinesotta !  C’est encore une fois un jour sans fin, comme scénario dans ce milieu d’illuminés (ah mais cette fois JP Petit, la vedette internationale de cette série, dit lui-même que c’est un idiot, c’est dire (3)!. Dans un registre voisin de ce grand n’importe quoi, une entreprise néerlandaise vend des produits estampillés Lakhovsky à un prix exorbitant (voit ici à gauche) !!!  Mais on finit par du grandiose, côté bricolage : après Priore et son thermos de verre géant , on retombe sur son précurseur Lakhovsky… au fond d’un jardinet.  C’est en effet là que l’on découvre la prose d’un intervenant en forum assez croquignolet qui écrit ici benoîtement  » J’ai découvert l’électro-culture, par le magazine Nexus. Je me suis procuré le livre: Electro-culture et énergies libres. Puis, j’ai étudié deux antennes; une pour le jardin, et une autre autour d’un pommier ». J’ai moi-même construit en 1 an un OLOM conforme à l’original de Lahovsky en suivant le CD et les conseils de Jean Claude Dupuy (qui a travaillé avec Tony Kerselaers ) Il est clair que cela demande un peu de technicité mais c’est accessible à un bricoleur électricien/électronicien moyen et prudent. La pyramide de base 52 cm obtenue: elle ira demain dans le carré de plantes sauvages du jardin ».pyrafolie  Non vous ne rêvez pas : c’est bien la forme de d’une pyramide de Cheops, en tube de cuivre… pour mieux faire pousser les salades !!! L’intervenant avait pourtant prévenu avant de se mettre à la lampe à souder : « je m’intéresse aux effets  possibles de la pyramide classique forme Chéops sur la croissance des plantes ».  Ne rigolez pas, il n’est pas seul : en voici un autre exemplaire pendable. Il s’agit de Yannick Van Doorne. On dirait du Garcimore, pourtant (le même ici avec son antenne à faire pousser la verveine) !!! Mon titre préféré du genre étant le « Tour de pommes de terre avec antenne type paratonnerre » (4) !!! Avec eux on n’est plus très loin des thèses de Rudolph Steiner ou plutôt de Martine Queyrel, présentée souvent comme « martyre » de la cause (car mise à l’écart par Fac, raconte-t-on !)). On n’est pas loin non plus de la thèse du réseau Hartmann, des radiesthésistes ! Des élucubrations préconisées aussi par Dan Winter, autre cas risible, fondateur de la « San Graal School of Sacred Geometry » avec sa pyramide « conçue en utilisant les plasmas de phase implosifs (?) conjugués à la physique diélectrique révolutionnaire du sacré ».  Oui, je sais, ça ne ne veut rien dire, mais ça nous offre un belle photo d’illuminés qui a même pensé à fabriquer un bidule portatif pour aller méditer au dehors. Ou dans son salon… Que voulez-vous donc ajouter à ça ? Un abonnement à vie à Nexus, peut-être ?

Allez, je vous laisse avec cette démonstration magistrale d’un grand partisan de Priore ! Faite en sandales (on peut entendre ça aussi, pour se faire une idée du personnage !). Un JPP bis ! On appellera ça gentiment les dégâts de YouTube…

 

 

(1) « La revue Nexus vient de se voir retirer, le 19 juillet dernier, le taux de TVA à 2,10 % attribué aux journaux de presse d’information inscrits sur ses registres. La commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAD) a en effet estimé :« En ce qui concerne Nexus, il ressort des pièces versées au dossier, et notamment des numéros 37 à 43, que cette publication, en contestant dans de nombreux articles les acquis positifs de la science, mettant en doute l’innocuité des vaccins, et, partant, le principe même de la vaccination ou celui des greffes d’organes, est susceptible, si elle est lue au premier degré, d’inquiéter les esprits les plus fragiles, et ne présente pas, de ce fait, le caractère d’intérêt général quant à la diffusion de la pensée requis par les textes. »Cette revue est en effet spécialisée dans tout ce qui est guerre contre la science, de la physique à la biologie en passant par les pratiques médicales. Elle souscrit à toutes les thèses les plus folles pourvu qu’elles soient contestataires et sectaires, voit des complots partout, mais se targue d’esprit libre.La revue proteste dans son éditorial de novembre 2006 en précisant : « Les avantages de la vaccination n’ont pourtant jamais été démontrés par aucune étude scientifique. » Nexus va donc passer à une TVA à 19,6 %, et annonce qu’elle va être contrainte d’augmenter son prix. C’est une bien mince contrainte pour un magazine de désinformation et d’apologie sectaire. »

(2) Ils croient surtout au bon docteur et au mauvais Etat qui l’aurait brimé. Or un intervenant de forum, répéré ici, Michel Storm, rappelle que c’est faux : « Mais ce qui les réunit, comme vous dites plus haut, est la tarte à la crème du complot (associé à celui de l’argent alors que les charlatans en sont les premiers bénéficiaires et ne font jamais rien gratuitement) : les méchants scientifiques, l’horrible OMS, les rationalistes sectaires, etc. Bref on veut faire taire tout ceux qui auraient une idée géniale. Jamais rien ne vient confirmer leurs soupçons, mais cela renforce leur croyance en constituant pour eux une preuve en soi qu’ils sont dans la vérité. C’est une forme de raisonnement circulaire dont il est assez difficile de sortir. […] La machine de Priore est le genre d’imposture comme on en voit souvent. Les postulats de l’ombrageux italien sont déjà douteux, il affirmait que « le cancer marque un dérangement dans le fonctionnement électrique de l’être » ! A partir de là, ses conclusions ne pouvaient qu’être foireuses. Il est faux de dire qu’il a été étouffé par la communauté scientifique, car il a bénéficié de plus de 20 millions de francs de subventions pour prouver ses affirmations mais n’a jamais voulu que ses expériences, soit-disant positives, soient répétées et vérifiées par d’autres (ce qui aurait été un gage de sa bonne foi et aurait chassé toute imposture ou biais expérimental). Refusant de se soumettre aux protocoles scientifiques, sous un prétexte paranoïaque fallacieux (les brevets c’est pas fait pour les chiens) , il n’a jamais fait la preuve de quoi que ce soit, préférant le culte du secret comme tous les ésotéristes. »

(3) oui, mais nuance, car voici ce qu’il dit exactement, le JPP  : « sauf informations contraire ceci clôt le dossier Bearden, un des fers de lance des pataphysiciens contemporains. Les actions de Bearden, acteur conscient ou mythomane manipulé servent aux Américains à déployer un rideau de fumée (comprenant également l’effet Biefeld-Brown) destiné à masquer des avancées beaucoup plus claires, comme la MHD appliquée au vol hypersonique. » Que ne dirait pas JPP pour nous faire croire à son B-2 à MHD, hein ?

petit-inventeurelectopolid(4) on retombe par personnage interposé sur l’extrême droite, car c’est l’écrivain Céline qui en avait parlé dans mort à crédit avec un personnage farfelu appelé chez lui « Courtial « (« Roger-Marin Courtial des Pereires »), grand fan de « l’agriculture tellurique »… à l’électricité. Pour le créer, Céline s’était inspiré d’un de ses amis, Henry de Graffigny (de son vrai nom Henri Raoul Marquis), un ingénieur haut-marnais, électricien de formation, qui, fut aussi aéronaute, et a surtout été le secrétaire de rédaction d’« Eurêka , revue et le rédacteur en chef de « La Science universelle ». En 1921, il avait ainsi expliqué à ses contemporains les ondes hertziennes avant tout le monde, avant de se lancer dans le roman d’anticipation. Dans l’un d’entre eux, il avait imaginé une ville en « Mésopotamie »,  appelée « Electropolis », fonctionnant entièrement grâce à l’électricité et autour de laquelle l’agriculture aurait été faite sous « électroculture » !!!. Selon Didier Desnouvaux , c’était davantage un « farfelu » et « délirant » qu’un vrai scientifique. Dans « Le Petit Inventeur » de 1924, Graffigny parle déjà, bien avant le laser, des « rayons qui tuent » mais aussi de ceux qui soignent… les plantes ou les êtres humains !

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.